Le bruit des moteurs en réparation rythme désormais le quotidien de Ouagbele Anoncial. Installé à Ladja Mboko, dans le 9ᵉ arrondissement de Bangui, cet ancien combattant est aujourd’hui mécanicien et formateur après avoir suivi le Programme de réduction de la violence communautaire (CVR) de la MINUSCA.
Après sa démobilisation, Ouagbele a choisi de suivre une formation en mécanique automobile afin de reconstruire sa vie sur de nouvelles bases. Après trois mois de cours pratiques et théoriques finalisés en 2025, il a ouvert son propre atelier de réparation de motos, vélos, pousse-pousse et autres engins à moteur.
Aujourd’hui, grâce aux compétences acquises, Ouagbele gagne dignement sa vie. Son atelier connaît une évolution constante et lui permet de gagner entre 8 000 et 10 000 francs CFA par jour. « Je vis bien aujourd’hui grâce à la formation que j’ai reçue du Programme CVR. Après ma sortie de formation, ma vie a vraiment changé par rapport à avant. Dans le quartier, les gens parlaient mal de moi, ils me critiquaient. J’étais souvent dans la violence parce que je ne travaillais pas », confie-t-il.
Avant sa formation, Ouagbele vivait de petits boulots précaires. « Avec le CVR, j’ai suivi des cours, notamment en civisme. J’ai appris beaucoup de choses importantes que j’applique aujourd’hui dans mon travail et dans ma vie. Avant, je faisais des petits boulots temporaires et, quand je gagnais un peu d’argent, je le dépensais dans la boisson et je me livrais à la violence. Je travaillais dans les champs ou comme docker pour survivre ».
Le Programme CVR ne se limite pas à la formation professionnelle. Il inclut également des formations civiques et citoyennes destinées à promouvoir la paix, à encourager le changement de comportement et à favoriser la renonciation à la violence.
Père de quatre enfants, Ouagbele affirme qu’aujourd’hui, grâce à son activité, il parvient à payer son loyer, nourrir sa famille et assurer la scolarité de ses enfants.
« Depuis que le Programme CVR est a été lancé, cela nous a beaucoup aidés, nous les jeunes. Aujourd’hui, je suis autonome et je me débrouille par moi-même. Grâce à mon travail en mécanique, j’ai même pu acheter un terrain, même si je n’ai pas encore construit dessus », dit-il.
D’ex-combattant à mécanicien, Ouagbele est également devenu formateur. Dans son atelier, il a recruté deux jeunes apprentis à qui il transmet son savoir-faire et son expérience dans la réparation des motos, vélos et véhicules.
Loza Serge, l’un de ses apprentis, témoigne : « À l’époque, j’étais aide-maçon, mais cela ne marchait pas bien. Je suis venu le voir parce que je voulais apprendre la mécanique, et il a accepté de me prendre à ses côtés pour travailler. Je remercie le Programme CVR qui l’a formé et qui lui a fourni des outils. Aujourd’hui, il nous transmet son savoir en nous permettant de travailler avec lui ».
Le travail au sein de l’atelier représente également une véritable opportunité d’autonomisation pour Loza.
« Ce qui est bien, c’est que chaque matin, je n’ai plus besoin de demander de l’argent à mes parents pour le petit-déjeuner. Je viens à l’atelier, je travaille, je gagne un peu d’argent et cela me permet de manger. Avec ce que je gagne, je peux aussi aider ma famille à la maison », ajoute-t-il.
Ouagbele Anoncial rêve de voir son petit atelier devenir un véritable garage automobile. Un rêve qu’il nourrit avec détermination, convaincu que la paix et le travail peuvent offrir un avenir meilleur aux jeunes de son quartier.
Par Grace Ngbaleo








