MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Promouvoir le respect des droits fondamentaux dans les établissements pénitentiaires.

HRDDP
Leonel De Saint Amour Grothe Tossela

Trente agents des services pénitentiaires ont participé, le 23 juin 2026 à Bangui, à une formation consacrée à la Politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme (HRDDP). Organisée par la MINUSCA en collaboration avec l’administration pénitentiaire, cette session visait à renforcer les capacités des acteurs nationaux afin de promouvoir le respect des droits fondamentaux dans les établissements pénitentiaires.

Par Grace NGBALEO

Cette formation répond aux défis persistants liés à la gestion des établissements pénitentiaires et à la protection des droits des personnes privées de liberté. Aussi, a-t-elle permis aux participants approfondir leurs connaissances des normes internationales relatives aux droits de l’homme, au droit international humanitaire et au droit des réfugiés.

Entre autres compétences acquises, celles relatives a :

  • la protection des personnes privées de liberté - compréhension des obligations légales et éthiques ;
  • la prévention des violations des droits humains - identification des risques et mesures d’atténuation ;
  • la mise en œuvre de la HRDDP - obligations des institutions soutenues par l’ONU ;
  • la documentation et le signalement des incidents ; et
  • l’intégration d’une approche fondée sur les droits humains dans la gestion pénitentiaire.

Les échanges ont également mis en lumière le lien étroit entre le respect des droits fondamentaux et la poursuite du soutien des Nations Unies aux institutions de l’État.

Comme le souligne Hanan Talbi, Directrice de la Division des droits de l’homme de la MINUSCA, cette formation revêt avant tout une dimension pédagogique, permettant « à chacun de comprendre ce que signifie réellement la Politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme, puisqu’elle conditionne le soutien que les Nations Unies apportent aux institutions nationales. »

Cette rencontre, poursuit-elle, constitue une occasion importante de dialogue avec les agents pénitentiaires afin de mieux comprendre les réalités auxquelles ils sont confrontés, definissant cette Politique comme étant le principe fondamental qui guide l’action des Nations Unies : « Les Nations Unies ne peuvent soutenir une institution que s’il n’existe pas de risque de violations des droits de l’homme. Notre engagement est conditionné par nos principes, et le premier d’entre eux est simple : la dignité humaine est au centre de notre action. »

Pour Édouard Lazard-Boulou-Towen, Directeur de l’administration pénitentiaire au ministère de la Justice, cette formation constitue un levier essentiel de professionnalisation. « Les participants viennent acquérir de nouveaux principes relatifs au respect des droits de l’homme, fondés sur des instruments juridiques internationaux. Une fois de retour sur leurs lieux de travail, ils devront mettre en pratique ces acquis afin d’exercer leur métier avec davantage de professionnalisme », a-t-il affirmé.

De son côté, Axelle Péguy-Waningaye, contrôleur pénitentiaire et l’une des participantes, estime que cette formation apporte des connaissances nouvelles et particulièrement utiles dans l’exercice quotidien de ses fonctions. « Nous travaillons auprès de personnes vulnérables qui, même détenues, demeurent des êtres humains dotés de droits fondamentaux. Nous avons l’obligation de respecter leur dignité et de préserver leurs droits afin de préparer leur réinsertion sociale », souligne-t-elle.

Et d’insister sur « la responsabilité de relayer les enseignements de cette formation auprès de nos collaborateurs afin que les droits fondamentaux des personnes détenues soient respectés dans tous les établissements pénitentiaires. »

Il convient de souligner que dans le contexte pénitentiaire, la Politique de diligence voulue en matière de droits de l’homm, implique notamment :

  • La protection de la vie et de l’intégrité physique ;
  • L’interdiction absolue de la torture et des traitements inhumains ;
  • La tenue rigoureuse des registres de détention ;
  • L’accès aux soins de santé ;
  • Le respect des garanties judiciaires ;
  • La protection des femmes, des mineurs et des groupes vulnérables ;
  • La prévention des disparitions forcées et des détentions arbitraires ; et
  • L’interdiction de toute forme de discrimination.