MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

De la MONUSCO à la MINUSCA, le parcours d’une femme Casque bleue au service de la paix

unpol
À l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus célébrée chaque année le 29 mai, la MINUSCA met en lumière le parcours et l’engagement de femmes et d’hommes qui servent sous le drapeau des Nations Unies pour la protection des civils et la consolidation de la paix en République centrafricaine. Cette année, la célébration est placée sous le thème : « Investir dans la paix : préserver les acquis de la paix ». Parmi ces Casques bleus figure Sally Baro Dramé, cheffe d’équipe de la Police de proximité de la Police des Nations Unies, qui revient sur son engagement, son expérience au sein des missions de paix et son action auprès des communautés centrafricaines.
Depuis combien de temps êtes-vous Casque bleu et qu’est-ce qui vous a motivée à le devenir ?
Je suis Casque bleu depuis le 5 mai 2013, date de mon premier déploiement au sein d’une mission des Nations Unies, en République démocratique du Congo. Après cette première expérience, j’ai eu l’opportunité d’être déployée une deuxième fois au Congo. Ensuite, de 2020 à 2023, j’ai eu la chance d’être déployée en Haïti et, depuis mars 2024, je suis à la MINUSCA pour contribuer à la mise en œuvre de son mandat.
Ma motivation est née d’un profond désir de contribuer à la consolidation de la paix dans le monde, mais aussi à la protection des civils, surtout des populations les plus vulnérables, ainsi qu’à la lutte contre les violences basées sur le genre, qui sont sources d’inégalités.
Justement, comment contribuez-vous à la mise en œuvre du mandat de la MINUSCA pour améliorer les conditions de vie des communautés en RCA ?
Je contribue notamment à la protection des civils à travers mes actions de police de proximité, des activités de sensibilisation, des dialogues communautaires et le renforcement du partenariat entre les Forces de sécurité intérieure (FSI) et la population.
Je participe également à des patrouilles conjointes de proximité avec les FSI, mes collègues de la Police des Nations Unies et mon équipe, ainsi qu’au suivi des dialogues communautaires. Je contribue aussi en recueillant les besoins spécifiques de la population en matière de sécurité afin de mieux orienter nos interventions, parce qu’il faut qu’il y ait une adéquation entre les besoins exprimés par la population et les réponses que nous devons apporter.
Cela fait longtemps que vous êtes Casque bleu. Qu’est-ce qui a changé en vous depuis votre engagement ?
Être une femme Casque bleu a contribué à mon évolution personnelle et professionnelle. L’expérience acquise au cours de mes quatre missions a d’abord renforcé mon leadership féminin et mes capacités managériales, opérationnelles ainsi que mon sens des responsabilités.
Elle m’a également permis de développer une meilleure compréhension des cultures humaines et des dynamiques culturelles, car les missions des Nations Unies se déroulent dans un environnement multiculturel, multisectoriel et multidimensionnel. Nous sommes appelés à travailler ensemble, civils, policiers et militaires, avec des personnes de diverses nationalités, les pays contributeurs de troupes, les autorités des pays d’accueil des missions ainsi que les populations.
C’est une expérience enrichissante qui a renforcé mon efficacité opérationnelle et développé ma capacité d’adaptation aux situations complexes.
Avez-vous un souvenir marquant ou une expérience particulière à partager avec nous ?
Le souvenir le plus marquant que je souhaite partager concerne l’aide humanitaire apportée dans le cadre de la prise en charge holistique des survivantes de violences basées sur le genre, dont certaines étaient mineures. Parfois, elles étaient enceintes et accompagnées d’enfants issus de ces violences.
J’avoue qu’en tant que femme et mère, ce n’est pas facile. Mais le fait d’accompagner ces survivantes dans leur processus de réintégration sociale, de les aider à surmonter cette épreuve difficile et à dépasser les sentiments de culpabilité constitue une expérience à la fois enrichissante et profondément humaine.
Le thème de cette année, adapté au contexte de la RCA, est : « Investir dans la paix : préserver les acquis de la paix ». Selon vous, comment peut-on concrétiser cet objectif ?
Pour concrétiser cet objectif dans le contexte de la RCA, il faudra adopter une approche intégrée combinant sécurité, dialogue communautaire, rapprochement entre les FSI et la population, ainsi que développement.
Cela passe d’abord par le renforcement des capacités des FSI, notamment à travers les formations en police de proximité. Il faut également renforcer les capacités des acteurs communautaires, car les FSI ne sont pas les seuls à intervenir. Les acteurs communautaires connaissent les réalités de leurs communes et de leur environnement.
Investir dans la paix revient aussi à soutenir les activités génératrices de revenus en faveur des femmes et des jeunes, hommes comme femmes, afin de renforcer le développement socio-économique. Cela implique également d’améliorer l’accès aux services sociaux de base, surtout dans les zones éloignées.
C’est à travers cet ensemble d’actions que nous pourrons lutter efficacement contre les causes profondes de l’insécurité et de l’instabilité, afin de préserver les acquis de la paix.
Avez-vous un message particulier à adresser à l’occasion de cette journée ?
Je voudrais rendre un vibrant hommage à tous ceux qui ont perdu la vie dans la poursuite des objectifs nobles des missions de paix des Nations Unies, ainsi qu’à tous mes collègues Casques bleus qui continuent d’œuvrer, nuit et jour, avec courage, détermination et abnégation, au service de la paix.
Je voudrais aussi inviter les populations centrafricaines à s’impliquer davantage, surtout les femmes, parce qu’elles sont au cœur des communautés. Lorsqu’il y a un conflit ou une situation d’insécurité, ce sont elles qui sont les plus affectées, non seulement en tant que femmes, mais aussi en tant qu’épouses et mères.
Chacun doit donc s’investir dans la consolidation de la paix, car la paix est une affaire de tous. Chacun a un rôle à jouer pour la préserver et la consolider au bénéfice de tous.
Ingrid Josette Souembot Nee Sandanga