Les activités civilo-militaires menées par les contingents de la MINUSCA contribuent à rapprocher les Casques bleus des populations en République centrafricaine. À Koui, Sanguéré-Lim, Kaga-Bandoro, Bangassou, Bambari, Bouar et dans plusieurs autres localités, ces activités ont permis notamment de fournir des soins gratuits à des centaines de patients, de réhabiliter des routes et des ponts, ainsi que de distribuer de l’eau potable et des fournitures scolaires aux enfants.
Constructions et réhabilitations
En République centrafricaine, la majorité des routes sont des pistes en terre battue, qui deviennent impraticables pendant les huit mois de la saison des pluies, rendant de nombreuses localités difficilement accessibles, compliquant la circulation des biens et des personnes, entravant la mise en œuvre du mandat de protection des civils de la MINUSCA et limitant la capacité d'extension de l'autorité de l'État sur le territoire.
Pour remédier à cette situation, de 2022 à 2025, plus de 120 ponts métalliques ou en bois ont été construits ou réhabilités, entre autres, à Bangui, Obo, Bambari, Bangassou, Berberati, Paoua, Kaga-Bandoro, Bouar, Ndele, Bria, Birao, Bossangoa. Six bacs ont été réhabilités, comme à Bambari, Obo et Berberati. Cela inclut aussi la construction de 2,5 km de routes asphaltées à Bangui et la réparation de plus de 580 km de routes dans le reste du pays.
Dans les préfectures de la Kemo et de l’Ouham-Fafa, le chef du village Télé, Jean Ernest Vincent Ngouyomba, indique que la réparation de ces ponts a diminué le nombre d’accidents sur cette voie. « Désormais, nous n’aurons plus à souffrir de voir des accidents se produire devant nous avec des conséquences graves. Je suis très content de la réparation de ce pont qui est un réel soulagement », a-t-il indiqué.
A Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, le maire de Bouar, Dieu Beni Massina, a sollicité en juillet 2022 le soutien de la MINUSCA pour la réhabilitation de certaines routes, soulignant que « sans routes, il n'y a pas de développement ».
« Grâce à ces routes rénovées, les habitants de la ville de Bouar peuvent désormais accéder plus aisément à la mairie pour des services administratifs et circuler en toute sécurité dans la ville », a-t-il indiqué. Pour Judith Koïgbé, habitante de la ville, « la réhabilitation des routes a permis de réduire les accidents et de faciliter la mobilité des biens et des personnes ».
Actions dans les orphelinats
Les contingents apportent régulièrement leur soutien aux enfants orphelins pour améliorer leurs conditions de vie et d’apprentissage, par le partage, l’écoute et le réconfort.
Le 8 janvier 2026, l’Unité égyptienne de police constituée a apporté vivres, vêtements et kits scolaires aux 50 orphelins pris en charge par la Fondation Voix du Cœur à Bangui.
Junior Kossim, 12 ans, est très enthousiaste : « Aujourd’hui, je suis content parce que les mamans policières sont venues nous voir. Elles nous ont donné des habits, des sacs, des cahiers et à manger. Je veux devenir policier plus tard pour aider les autres enfants ».
« Cela prouve la participation de votre contingent au développement de la République centrafricaine. Le monde devient difficile et la générosité se fait rare ; vous avez pensé à ces enfants pour leur offrir un avenir meilleur », a souligné la présidente de la Fondation, Émilie Épaye.
Ngassenemo Ange Anatole, coordonnateur de SOS Villages d’Enfants de Bouar, a indiqué que le contingent bangladais a apporté, le 28 novembre 2025, « un appui précieux favorisant l’éducation, la santé et la cohésion sociale », en organisant une journée récréative et médicale pour plus de 100 enfants de l’orphelinat.
A l’occasion de la rentrée scolaire, les enfants de l’orphelinat Enfants de Grâce, dans le 7ᵉ arrondissement de Bangui, ont reçu, le 23 septembre 2025, des kits scolaires, offerts par le contingent bhoutanais de la MINUSCA. Des médicaments contre le paludisme et des produits de nettoyage et d’hygiène leur ont également été distribués. Une contribution que salue Mme Gilbert Wendy, directrice de l’orphelinat : « Ce sont des gestes qui redonnent confiance aux enfants. Ils savent maintenant qu’ils comptent pour d’autres, même au-delà de nos frontières ».
Consultations médicales
En marge d’une opération de désarmement d’ex-combattants du groupe armé Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique à Sikikédé, dans la Vakaga, une équipe médicale conjointe de personnels médicaux bangladais, zambiens et cambodgiens a fourni des soins et des médicaments, du 10 au 12 décembre 2025, à 1 241 patients, majoritairement des femmes et des enfants.
À cette occasion, Zenaebou Amadana a déclaré : « Je suis satisfaite puisqu’ici, nous n’avons pas accès à des consultations et soins appropriés comme aujourd’hui. Merci à la MINUSCA ».
Nguitigaza a également témoigné : « On m'a bien consultée. Ils m'ont donné les médicaments. Je remercie beaucoup la MINUSCA pour les soins », lors d’une campagne médicale organisée le 25 février 2025 dans le 5e arrondissement de Bangui par la Force de la MINUSCA, au profit d’environ 500 habitants.
Juvénal Koma Baganito, bénéficiaire d’une assistance médicale destinée aux personnes vivant avec un handicap à Bangui, fournie en septembre 2025 par des Casques bleus marocains, rwandais et égyptiens, a lui aussi témoigné : « La MINUSCA nous a donné l’occasion de bénéficier de consultations et de dépistages, et c’est déjà un grand pas en avant ».
« Depuis l’arrivée de la MINUSCA, nous recevons toujours de bons médicaments. Je suis heureuse que vous soyez revenus nous soigner », a déclaré Hanifatou Amadou, mère de famille, le 27 octobre 2025, lors d’une campagne médicale organisé à Koui et Sanguéré-Lim, où 372 patients ont été pris en charge par des médecins généralistes et spécialistes.
Le 29 octobre 2025, à Noufou et Godawa, dans la Mambéré-Kadéï, les populations locales ont également bénéficié de consultations médicales gratuites dans le cadre des opérations de désarmement des ex-combattants du groupe armé Retour, Réclamation et Réhabilitation.
« Lorsqu’on tombe malade, il est très difficile de se procurer des médicaments localement », a affirmé lors de cette consultation, Mariam Babike, une patiente.
Distribution d’eau potable
Plusieurs contingents distribuent régulièrement de l’eau potable aux habitants de leur zone de déploiement afin de pallier les graves pénuries. À titre d’exemple, le contingent égyptien de police constituée a mené, en 2026, 46 opérations de distribution d’eau potable à Bangui.
A Bouar, au quartier Ngollo 2, l’Unité de police constituée camerounaise a distribué, le 27 mai 2026, de l’eau potable à près 300 personnes.
« Nous avions un puits mais qui est à présent à sec. Nous devons parcourir de longues distances pour puiser de l’eau potable », témoigne Abel Yakete, habitant du quartier. « Cette distribution d’eau est la bienvenue pour nous », ajoute-t-il avec soulagement. Même sentiment du côté de Marlène Ngbanga, mère de famille venue avec ses enfants : « Cette distribution d’eau nous soulage car elle permet de nous alimenter et d’assainir notre environnement ».
Sensibilisation aux engins explosifs
Le 14 août 2025, les Casques bleus pakistanais ont sensibilisé 60 élèves de Kaga-Bandoro aux risques liés aux engins explosifs, à travers des démonstrations pratiques et des échanges interactifs visant à enseigner les bons comportements de sécurité.
Pour les personnels en uniforme de la MINUSCA, ces activités constituent un outil opérationnel au service de la protection des civils. Elles permettent non seulement d’apporter une réponse aux besoins urgents des populations, mais aussi de créer des espaces d’échange directs entre militaires et communautés locales, souvent dans des zones difficiles d’accès ou touchées par l’insécurité.
Biliaminou Alao








