Un nouveau programme dénommé « Jeune volontaire national universitaire » a été lancé, en 2025, par la MINUSCA, en partenariat avec le programme des Volontaires des Nations Unies et l’Université de Bangui pour renforcer les compétences pratiques des futurs juristes centrafricains et promouvoir la culture des droits humains au sein du milieu universitaire. Les étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences juridiques et politiques bénéficient ainsi d’une immersion professionnelle au sein de la Division des droits de l’homme de la MINUSCA afin de les préparer aux réalités du terrain et aux exigences de la protection des droits fondamentaux.
Baptisé « Jeune volontaire national universitaire », ce programme d’une durée de trois mois permet aux étudiants de vivre une immersion professionnelle au sein de la Division des droits de l’homme de la MINUSCA, où ils travaillent aux côtés d’une équipe spécialisée sur les questions liées à la promotion et à la protection des droits fondamentaux.
Cette immersion des volontaires s'inscrit directement dans le cadre du partenariat entre la Division des droits de l’homme de la MINUSCA et la Faculté des sciences juridiques et politiques. Elle vise à renforcer les capacités des futurs acteurs judiciaires et à préparer une nouvelle génération de professionnels du droit en République centrafricaine.
Durant leur stage, les étudiants participent au suivi de la situation des droits de l’homme, à la vulgarisation des instruments juridiques nationaux et internationaux de protection des droits humains, ainsi qu'à la rédaction de rapports, d’analyses et d’outils de sensibilisation répondant aux standards des Nations Unies.
Une première cohorte aux résultats prometteurs
Du 18 décembre 2025 au 17 mars 2026, trois étudiants, dont une femme, ont intégré la première cohorte du programme.
Pour Parfait Yangandia, chargé des droits de l’homme à la MINUSCA, cette initiative répond à une volonté claire de rapprocher les étudiants des réalités du terrain. « Au niveau de la Division, il a été jugé utile de permettre à ces étudiants de toucher du doigt les réalités du terrain. C’est ainsi qu’en collaboration avec le programme des Volontaires des Nations Unies, une première cohorte de trois étudiants a été sélectionnée », souligne-t-il.
Répartis dans différentes unités de la Division des droits de l’homme, ils ont contribué activement aux travaux de recherche, d’analyse et de suivi des droits humains.
Au sein de l’Unité Justice transitionnelle et appui institutionnel, ils ont produit des analyses portant sur l’espace civique en République centrafricaine, la lutte contre les discours de haine et la protection des droits des peuples autochtones dans les procédures judiciaires.
« Ces notes et analyses serviront de base à la préparation de modules de formation destinés à la société civile et aux acteurs des droits humains. Elles soutiendront également les actions de plaidoyer visant à combler les lacunes observées dans les lois et leurs textes d’application », explique Urbain Gossy Gonda, assistant chargé des droits de l’homme au sein de l’Unité de renforcement des capacités à la MINUSCA.
Dans l’Unité Reporting, les jeunes volontaires ont participé au monitoring de la situation des droits humains, à l’analyse d’informations provenant de diverses sources et à la rédaction de notes d’alerte précoce assorties de recommandations opérationnelles. Leur maîtrise des langues locales a également facilité la traduction d’informations collectées sur les plateformes numériques.
Une expérience qui ouvre des perspectives
Ce volontariat constitue bien plus qu’un stage académique. Il représente une véritable passerelle vers le monde professionnel.
Christie Curolle Ndobanindji affirme avoir développé des compétences solides en analyse juridique, notamment sur la protection de l’espace civique, les droits des personnes vivant avec l’albinisme et ceux des personnes en situation de handicap. « C’était une très belle expérience. Avant d’intégrer les Nations Unies, nous avions une perception différente de leur travail. Cette immersion nous a permis de comprendre concrètement leur rôle et leurs actions sur le terrain », témoigne-t-elle.
Pour Stanislas Benam Service, cette expérience a été déterminante dans son insertion professionnelle. Aujourd’hui enseignant en droits de l’homme et en droit pénal spécial à Guet School, il met à profit les connaissances et compétences acquises au sein de la MINUSCA. « Mon équipe m’a accepté tel que je suis et m’a donné de précieux conseils sur le terrain : comment approcher les personnes, conduire les entretiens et recueillir les informations. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre les réalités de notre société », confie-t-il.
Un partenariat durable avec l’Université de Bangui
Ce programme s’inscrit dans une collaboration de longue date entre la MINUSCA et la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Bangui.
En 2024, la Division des droits de l’homme a notamment mis à disposition un expert chargé d’enseigner les droits catégoriels aux étudiants de Master 2. La Mission a également financé et équipé un laboratoire numérique des droits de l’homme, inauguré le 5 décembre 2024, afin de faciliter l’accès des étudiants à des ressources documentaires modernes.
Cette dynamique s’est poursuivie lors de la rencontre entre la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, et les étudiants centrafricains en décembre 2024. Elle les avait alors encouragés à s’engager activement dans la promotion des droits humains et dans la mise en œuvre du mandat de la Mission.
Le doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques, Dr Augustin Jérémie Doui-Wawaye, a salué cet accompagnement constant de la MINUSCA. « J’aimerais remercier Madame la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies ainsi que Madame Talbi pour leur engagement quotidien en faveur de la promotion des droits de l’homme à travers l’accompagnement des étudiants, le soutien au laboratoire et l’appui à notre faculté », a-t-il déclaré.
Fort du succès de cette première expérience, une deuxième cohorte de trois étudiants a rejoint la Division des droits de l’homme en mars 2026.
À travers ce programme, la MINUSCA réaffirme son engagement à accompagner la jeunesse centrafricaine et encourage les étudiantes et étudiants à devenir des acteurs du changement, de la promotion des droits humains, du vivre-ensemble et du développement durable de leur pays.
Par Grace Ngbaleo / Rila Mandela










