MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Grâce au programme CVR, Abourou Laura a saisi une opportunité qui change un destin

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Sous un manguier du quartier Saint Paul, dans le 7ᵉ arrondissement de Bangui, Abourou Laura s’affaire derrière sa machine à coudre. Mère de cinq enfants, elle confectionne des vêtements pour hommes, femmes et enfants, ainsi que des petits sacs en pagne qui attirent de plus en plus de clients. Aujourd’hui financièrement autonome, Laura incarne l’une des réussites du programme de réduction de la violence communautaire (CVR) de la MINUSCA.

Avant de bénéficier de ce programme en 2023, la vie de Laura et de sa famille était marquée par de nombreuses difficultés. Avec son mari, elle vivait essentiellement des travaux champêtres, dans des conditions précaires.

« Ce qui m’a motivée, c’est qu’auparavant je vivais avec mes enfants et mon mari dans un état critique. Nous vivions des travaux champêtres. Cette activité que je réalise aujourd’hui a changé ma vie positivement. Mes enfants vont à l’école, ils mangent bien et je vis mieux aujourd’hui », confie-t-elle.

Une opportunité qui change un destin

Grâce au Programme CVR, Laura a suivi une formation en couture avant de recevoir un kit d’insertion comprenant une machine à coudre, une chaise, des pagnes, des ciseaux, des mètres ruban et divers équipements nécessaires au lancement de son activité.

Installée dans son atelier de fortune sous un manguier, elle développe progressivement son savoir-faire et sa clientèle. Ses créations sont régulièrement exposées et commercialisées à la MINUSCA, ce qui lui permet de gagner en visibilité et d’accroître ses revenus.

« Les clients viennent souvent nombreux pendant les fêtes. Chaque samedi, je peux gagner entre 15 000 et 20 000 francs CFA grâce à la vente des sacs. Pour la couture, cela dépend des commandes, mais chaque jour je gagne un peu d’argent », explique-t-elle avec satisfaction.

L’autonomie financière retrouvée

Cette activité lui a permis de transformer profondément son quotidien. Désormais capable de subvenir aux besoins de sa famille, Laura mesure le chemin parcouru.

« Hier, c’est moi qui allais vers les gens et les parents pour demander de l’argent afin de subvenir à mes besoins. Mais aujourd’hui, ce sont les autres qui viennent me demander de l’aide », affirme-t-elle fièrement.

Comme toute entrepreneure, elle fait néanmoins face à quelques difficultés. Certains clients tardent parfois à régler leurs commandes, ce qui peut ralentir le développement de son activité.

« J’ai parfois de petits soucis avec certains clients qui prennent leurs habits sans payer rapidement, mais la majorité de mes clients sont corrects. Je n’ai pas vraiment de problèmes avec eux », précise-t-elle.

Après trois années d’activité, son principal défi reste le manque d’espace. Son atelier installé sous le manguier devient de plus en plus exigu face à l’augmentation de sa clientèle et à ses ambitions.

« Mon atelier sous le manguier devient trop petit. Je veux agrandir cet espace et former aussi mes sœurs dans ce domaine pour qu’elles puissent s’occuper comme moi. Si les partenaires peuvent encore m’aider, cela me soulagera beaucoup », lance-t-elle.

Une reconnaissance au sein de la communauté

Dans le quartier Saint Paul, son travail est aujourd’hui reconnu et apprécié. Parmi ses clientes fidèles figure Pamessoua Christelle, qui souligne l’impact positif de son activité sur la communauté.

« Elle nous a beaucoup aidés. Avant, il fallait parcourir plusieurs kilomètres pour faire coudre nos habits. Depuis qu’elle s’est installée ici, nous n’allons plus loin. Elle coud bien et ses prix sont abordables », témoigne-t-elle.

À travers le parcours d’Abourou Laura, le Programme CVR illustre l’importance des initiatives de réinsertion économique dans la consolidation de la paix en République centrafricaine.

Par Grace Ngbaleo