[Seule la version prononcée en anglais fait foi.]
Madame la Présidente
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,
Monsieur l’Ambassadeur Hilale, Président de la Commission de consolidation de la paix et Président de la configuration République centrafricaine
Monsieur l’Ambassadeur Nzessioué, Représentant permanent de la République centrafricaine auprès des Nations Unies
Madame la Présidente,
Je tiens à adresser mes sincères félicitations à la Colombie à l’occasion de son accession à la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de juin. J’ai l’honneur de présenter le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine et d’informer le Conseil des récents développements politiques et sécuritaires survenus dans le pays ainsi que de l’état d’avancement de la reconfiguration de la présence de la MINUSCA.
Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,
Quatre ans se sont écoulés depuis ma première présentation, en juin 2022, devant ce Conseil en tant que Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de la MINUSCA. Aujourd’hui, je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude pour le soutien constant que le Conseil apporte à la Mission et à notre pays hôte, la République centrafricaine. Je me félicite de pouvoir rapporter que, quatre ans plus tard, la République centrafricaine a accompli des progrès remarquables et tangibles vers une paix et une sécurité durables, avec l’appui déterminant de la MINUSCA. Ces avancées n’auraient pas été possibles sans une coopération étroite et constante, fondée sur la confiance et le respect mutuel, entre la Mission et notre pays hôte. J’exprime ma gratitude au peuple et au Gouvernement centrafricains pour la coopération exceptionnelle qui m’a été accordée ainsi qu’à la Mission.
Les progrès réalisés dans la mise en œuvre des processus politique et de paix, l’extension effective de la présence et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire centrafricain, la protection des civils ainsi que la préparation et la tenue des élections couplées historiques de décembre 2025 résultent des efforts soutenus des autorités et du peuple centrafricains, avec l’appui multidimensionnel de la MINUSCA. Il importe désormais de préserver ces acquis et d’en assurer la consolidation.
Madame la Présidente,
La République centrafricaine a franchi une nouvelle étape décisive vers l’achèvement complet du cycle électoral 2025/2026. Le 26 avril 2026, le second tour des élections législatives, régionales et municipales ainsi que des élections partielles se sont déroulés avec succès, y compris dans les quelques zones où le vote n’avait pas pu avoir lieu le 28 décembre 2025. Dans un pays où les élections ont trop souvent été associées à des tensions et à des cycles de violence, cela constitue une indication claire de stabilité institutionnelle. L’investiture du Président Faustin-Archange Touadéra le 30 mars, l’installation de la huitième législature de l’Assemblée nationale le 4 mai et la formation du premier Gouvernement de la septième République le 21 mai 2026 témoignent également de ces progrès.
Les élections locales ont contribué à renforcer la gouvernance inclusive, avec une hausse du nombre de femmes élues, qui représentent désormais 45 % des conseillers municipaux, y compris à travers l’élection récente d’une femme à la tête de la mairie de la capitale, Bangui.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,
Bien que la situation sécuritaire se soit globalement améliorée dans l’ensemble du pays au cours des dernières années, elle demeure fragile dans plusieurs zones frontalières. Dans le nord-est, les répercussions du conflit au Soudan restent particulièrement préoccupantes, avec une recrudescence des activités des groupes armés le long de la frontière, notamment des incursions transfrontalières visant les populations civiles, en particulier dans la préfecture de la Vakaga. Dans le sud-est, les attaques et enlèvements perpétrés par la milice AAKG continuent d’alimenter l’insécurité dans les préfectures du Haut-Mbomou et du Mbomou.
La MINUSCA continue de travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement afin de protéger les civils et de consolider l’extension de l’autorité de l’État. Toutefois, la pérennisation des acquis sécuritaires requiert des investissements importants dans le secteur national de la sécurité et de ses institutions. Ces investissements concernent notamment le soutien aux troupes déployées dans les zones reculées, la construction et l’entretien des bases des Forces de défense et de sécurité, la formation des troupes et des officiers, le renforcement des capacités opérationnelles, logistiques et de mobilité, ainsi que l’amélioration des mécanismes de gouvernance et de redevabilité du secteur de la sécurité. A cet égard, il est indispensable de disposer d’un plan complet et détaillé permettant de combler les lacunes critiques du secteur de la sécurité, fondé sur une forte appropriation nationale et soutenu par les partenaires internationaux. Ceci est essentiel pour garantir que le transfert progressif des tâches sécuritaires de la MINUSCA aux Forces nationales de défense et de sécurité s’effectue sans compromettre les avancées enregistrées.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil
La MINUSCA redouble d’efforts pour consolider et rationaliser son dispositif opérationnel, conformément à sa stratégie politique ainsi qu’aux concepts d’opérations actualisés de sa Force et de sa Police. Entre janvier et juin 2026, la Mission a procédé à la fermeture de 21 bases, dont sept bases opérationnelles permanentes et quatorze bases opérationnelles temporaires situées dans des zones stabilisées, lui permettant ainsi d’adopter une posture plus agile et mobile, axée sur les zones les plus fragiles. La MINUSCA a également fermé trois bureaux de terrain ainsi qu’un de ses trois complexes à Bangui, générant des économies et favorisant une meilleure intégration entre ses composantes civiles et en uniforme. En outre, elle a transféré aux autorités nationales plusieurs postes statiques de sécurité à Bangui. Le succès de cette reconfiguration et de l’approche operationnelle plus mobile de la Mission demeure toutefois tributaire de capacités de soutien adaptées, en particulier dans le domaine aérien, compte tenu des infrastructures limitées et d’une saison des pluies qui, en République centrafricaine, s’étend sur huit mois.
Le 10 juin, une cérémonie officielle de remise de sept bases de la MINUSCA au Gouvernement centrafricain, coprésidée par le Premier Ministre et moi-même, s’est tenue à Mbaïki, dans la préfecture de la Lobaye. Cet évènement a marqué une nouvelle étape dans la consolidation des acquis et le transfert progressif des tâches et responsabilités aux autorités nationales, en appui au rétablissement de l’autorité de l’État et au renforcement des capacités nationales. L’identification des tâches appelées à être progressivement transférées au Gouvernement est menée de manière coordonnée entre la Mission et les autorités nationales, sous la supervision d’un comité interministériel présidé par le Premier Ministre. Ce processus repose sur une planification conjointe entre le Gouvernement et la Mission afin de garantir l'appropriation nationale et en tenant compte des réalités du terrain.
Madame la Présidente, Je souhaiterais conclure en exprimant ma profonde gratitude au personnel civil et en uniforme de la MINUSCA pour son dévouement, son engagement et sa résilience tout au long d’une année particulièrement exigeante et difficile pour la Mission. Je tiens également à remercier les pays qui fournissent des contingents militaires et de police à la Mission pour leur engagement indéfectible en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité en République centrafricaine. Enfin j’adresse mes remerciements à l’équipe de pays des Nations Unies pour sa contribution à notre effort commun en faveur de la stabilisation de la République centrafricaine.
Je vous remercie de votre aimable attention.





