MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

De plus en plus de conflits communautaires évités dans la Mambéré Kadeï et la Mambéré grâce aux CMOP soutenus par la MINUSCA

De plus en plus de conflits communautaires sont évités grâce aux actions des Comités de mise en œuvre préfectorale (CMOP) de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA), avec le soutien de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), dans les préfectures de la Mambéré Kadeï et de la Mambéré. Grâce aux efforts des membres de ces comités, éleveurs et agriculteurs recourent de plus en plus aux mécanismes pacifiques pour régler leurs conflits, évitant ainsi la violence.

Assis à l’ombre d’un manguier au quartier Poto-Poto à Berberati, Dahirou Bassirou, la soixantaine, s’apprête à rejoindre son campement, où l’attendent sa famille et ses bœufs. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs, il en a connu plusieurs au cours de sa vie. « Nous remercions Dieu qu’il y ait désormais un cadre auquel il faut se référer en cas de conflit, car nous étions fatigués des violences qui surviennent chaque année pendant la période de transhumance », a-t-il témoigné.

Les conflits entre agriculteurs et éleveurs naissent très souvent pendant la période de transhumance, où les éleveurs, en quête de pâturage, font paitre leur bétail dans les plantations des agriculteurs, loin des zones d’élevage. Pris de colère, ces derniers s’attaquent souvent aux bœufs, conduisant ainsi aux représailles des éleveurs armés. « Notre principale source de revenu est notre champ, bien que nous sommes dans une zone diamantifère. En l’absence des autorités, notre seule manière de défendre nos biens était la force. Mais grâce aux CMOP, nous avons compris que la force revient seule à la loi et nous devons travailler au maximum pour une résolution pacifique des conflits », a dit Lucien Namsona, agriculteur au village Djembé, situé à 5 km de la ville de Carnot dans la préfecture de la Mambéré.

Un mécanisme qui fonctionne

A Carnot, en l’espace d’un mois, entre avril et mai 2026, trois conflits majeurs entre agriculteurs et éleveurs ont été évités de justesse, grâce aux efforts du CMOP, avec l’appui de la MINUSCA. « Des conflits latents m’ont été signalés dans les localités Ndinguiri, Amadagaza et Zabougbede. J’ai tout de suite mobilisé l’équipe, avec l’appui de nos partenaires de la MINUSCA, nous étions descendus sur le terrain afin de trouver un terrain d’entente. Aujourd’hui les zones concernées sont calmes et les gens vivent en cohésion », a déclaré le préfet de la Mambéré, Arnold Guy Clemenceau.

D’après le préfet, les activités des CMOP ne s’arrêtent pas à la résolution des conflits. « Nous faisons également de la prévention des conflits avec les séances de sensibilisation, avec le soutien multiforme de la MINUSCA. Pour une meilleure appropriation, vulgarisation et mise en œuvre de nos actions, nous impliquons les communautés à base afin que les périodes de transhumance ne soient plus une période de conflit, mais une période prospère et au bénéfice économique pour toutes les communautés », a fait valoir le préfet.

Préserver les acquis des CMOP

Le préfet de la Mambéré s’inquiète de l’impact de la crise de liquidité qui a frappé les Nations Unies, sur les activités du CMOP de sa région. « Le principal partenaire du CMOP reste la MINUSCA. A Carnot, nous dépendons du bureau de Bouar. Nos activités et nos déplacements sur le terrain étaient financés par la MINUSCA. Maintenant, avec la crise financière, nous rencontrons des difficultés à nous déplacer sur le terrain. Nous devions nous rendre sur l’axe Carnot – Gadzi où on nous signale quelques incidents, mais nos moyens sont limités et nos partenaires de la MINUSCA n’ont plus de ressources nécessaires pour nous soutenir comme auparavant », a souligné Arnold Guy Clemenceau.

Le préfet demande l’intervention de sa hiérarchie, pour préserver les acquis des CMOP, indispensables pour la consolidation de la paix. « Nous avons fait un grand pas. Nous devons préserver cela. Il faut que les hautes autorités puissent prendre le relais, car c’est notre pays. Nous devons capitaliser cet héritage pour une paix durable dans le pays », a plaidé le préfet de la Mambéré, Arnold Guy Clemenceau.

Hippolyte Donossio