Cent combattants -98 hommes et 2 femmes- du mouvement 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) ont volontairement remis leurs armes à Ndongué-Douane, préfecture de la Nana-Mambéré, à environ 112 kilomètres de Bouar, dans le cadre d’une opération de Désarmement et Démobilisation (DD) organisée du 25 au 27 juin 2026. Cette opération, mise en œuvre par l'Unité d'exécution du Programme national DDRR (UEPNDDRR), a bénéficié du soutien sécuritaire, logistique, technique et financier de la MINUSCA. Une nouvelle avancée dans les efforts de désarmement des groupes armés et de consolidation de la paix en République centrafricaine.
En prélude au désarmement, l'équipe intégrée UEPNDDRR - MINUSCA a rencontré la Préfète de la Nana-Mambéré, Rita Mirabelle Sarevendra, afin de l’informer du déroulement de l'opération. Saluant cette initiative, elle a souligné son importance pour la préfecture. « Cette activité est un événement majeur pour la Nana-Mambéré. Cela faisait longtemps qu'une telle opération n'avait plus été organisée dans notre préfecture », a souligné la Préfète.
À Yéléwa, la délégation a également renconté Issa Bi Amadou, Sultan-Maire, qui a réaffirmé son entière disponibilité à accompagner le processus et à mobiliser les communautés en faveur de la réussite du désarmement.
Au cours des trois jours de l'opération, 65 armes, dont 5 armes collectives et 60 armes individuelles, ont été récupérées, ainsi que 3 477 munitions de différents calibres, 48 engins explosifs et 10 chargeurs.
Chaque ex-combattant a reçu une allocation de démobilisation destinée à couvrir ses frais de transport et de subsistance pendant une période de trois mois. Des kits de démobilisation leur ont également été remis afin de répondre à leurs besoins immédiats, dans l'attente de leur accompagnement dans le cadre du processus de réintégration. Les bénéficiaires ont aussi été sensibilisés aux différentes perspectives qui s'offrent à eux, notamment la réinsertion dans la vie civile ou, pour ceux qui remplissent les critères requis, une éventuelle intégration au sein des forces de défense et de sécurité.
Avant la délivrance de leurs cartes d'identification de démobilisés, ils ont été soumis à un processus de vérification de leur identité ainsi qu'à des examens médicaux visant à évaluer leur état de santé.
Choisir la paix !
Parmi les ex-combattants ayant choisi de déposer les armes figure Mahamat Ali Adam, qui explique avoir rejoint un groupe armé dans un contexte marqué par l'insécurité. « Nous avions pris les armes pour nous protéger dans un contexte de guerres et de tueries répétées. Aujourd'hui, nous choisissons la paix », a-t-il confié. Il a salué les efforts du Gouvernement centrafricain, du leadership des 3R et de la MINUSCA dans la recherche d'une solution pacifique et plaide pour que « le Gouvernement tienne ses engagements, suive et accompagne les ex-combattants pour leur réinsertion, leur sensibilisation et leur transformation en citoyens modèles ».
Aminata Amadou, l’une des femmes parmi les ex-combattants ayant participé à l'opération de désarmement, dit avoir rejoint le groupe armé après avoir été profondément marquée par le conflit. « J'ai perdu toute ma famille dans cette guerre », confie-t-elle avec émotion. Aujourd'hui, elle a décidé de tourner cette page de sa vie en déposant les armes. « J'ai choisi de saisir les opportunités de réintégration offertes par le programme DDR afin de reconstruire ma vie et de retrouver pleinement ma place dans la société », souligne-t-elle. Cette décision, selon elle, symbolise l'espoir d'un nouveau départ et la volonté de contribuer à une paix durable.
Comme le souligne Saidou Aliou, responsable du mouvement 3R et Ministre conseiller à la Présidence de la République centrafricaine, les progrès enregistrés depuis la signature de l'Accord de paix de N'Djamena du 19 avril 2025 démontrent que les efforts de paix commencent à produire des effets tangibles. « Le désarmement réduit la circulation des armes, renforce l'autorité de l'État, facilite la réinsertion des ex-combattants et permet le développement », a-t-il affirmé, indiquant que « la paix intérieure est indispensable pour aspirer à un véritable développement de la République ».
A l’instar des autres préfectures ayant connu le DDR, la MINUSCA y est présente avec un appui sécuritaire, logistique, technique et financier. Le Commandant du Secteur Ouest de la MINUSCA, le Général Joseph Douglass Mokwena, s'est d’ailleurs rendu à Ndongué-Douane afin d'encourager les Casques bleus déployés sur le terrain, mais aussi constater de visu les différentes étapes du processus de désarmement et de démobilisation.
En marge du désarmement, la MINUSCA a organisé une campagne médicale au profit des ex-combattants et de la population locale. Au total, 110 personnes, dont 67 ex-combattants, 37 civils de la communauté locale, parmi lesquels 10 enfants ainsi que six agents de l’UEPNDDRR, ont été pris en charge de pour des affections allant du paludisme, de la diarrhée, des courbatures aux blessures. « Les habitants de Ndongué-Douane sont très reconnaissants de l'appui apporté par la MINUSCA. Cette assistance médicale démontre que la Mission accompagne non seulement le processus de paix, mais également les communautés qui en bénéficient », ont souligné les responsables du mouvement.
Du CVR pour accompagner le DD
À l'issue du Désarmement et Démobilisation, les autorités locales, accompagnées de chefs de quartier, ont exprimé leur satisfaction quant au bon déroulement de l'opération, tout en plaidant pour la tenue de projets de Réduction de la violence communautaire (CVR) à Ndongué-Douane afin de répondre aux besoins urgents de la population, notamment le manque d'accès à l'eau potable et la dégradation avancé de l'école publique de la localité.
« Les autorités locales ont mis en avant ces priorités communautaires et souhaité que des projets de stabilisation puissent être développés à Ndongué-Douane », explique Sam Howard, coordonnateur du DDRR à la MINUSCA/Bouar. Des préoccupations et demandes qui seraient transmises aux instances compétentes et examinées avec toute l'attention requise dans le cadre des actions de stabilisation, de relèvement communautaire et de réduction de la violence.
Cet appui multiforme de la MINUSCA au Programme national DDRR est illustratif de son engagement aux côtés du Gouvernement centrafricain pour réduire durablement la circulation des armes, favoriser la réintégration des ex-combattants et renforcer la stabilité dans les zones affectées par les conflits.











