Dans l’optique de prévenir les conflits entre éleveurs et agriculteurs par le renforcement des mécanismes locaux de dialogue et promouvoir une transhumance apaisée et prospère, la MINUSCA a menée, du 17 au 29 juin 2026, des activités d’appui aux initiatives communautaire pour la prévention des conflits et la promotion de la cohésion sociale dans les régions des Plateaux et Bas-Oubangui.
Les zones qui ont accueilli ces activités ont été identifiées comme prioritaires en raison de tensions récurrentes liées à la transhumance (conflits agriculteurs-éleveurs, couloirs non sécurisés, incidents armés) et d’un faible niveau de confiance intercommunautaire.
Les échanges avaient pour but de réduire les risques de violence liés à la transhumance ; mettre en place ou redynamiser des comités locaux de gestion des conflits et renforcer la cohésion sociale par des actions collectives visibles et utiles à tous.
Lambi 25 Km de Boali, dans l’Ombella M’Poko, est un exemple de réussite de la mise en œuvre de gestion à l’amiable des conflits. Le Comité de gestion des conflits liés à la transhumance, installé depuis deux ans, a géré 60 cas de litiges opposants éleveurs et cultivateurs.
Padium Gbaguene, membre du Comité de suivi explique l’importance de ce mécanisme pour la cohésion sociale : « Les cas opposent habituellement les éleveurs aux cultivateurs, particulièrement si le troupeau a détruit un champ ou si les cultivateurs ont tué un bœuf, nous les réunissons, parfois nous allons au campement des éleveurs échangé avec eux et nous finissons toujours par trouver une solution à l’amiable ».
Saidou By Oumarou, éleveur, en appelle à toutes les parties de se referrer au Comité de gestion de conflit pour tous les différends qui opposent éleveurs et cultivateurs. « Notre souhait est de voir les problèmes régler à l’amiable, car il n’est pas possible pour un éleveur de refuser rembourser le champ du cultivateur que son bétail a détruit. Si le Comité est incompétent nous en appellerons au Chef de village comme autorité pour régler le cas », a-t-il dit.
Le Comité de gestion des conflits, une nécessité pour la Lobaye
A Kapou et à Pissa, deux communes de la Lobaye, la population commence à faire face aux défis de la transhumance, car la cohabitation entre éleveur et cultivateur ne se fait pas sans friction. Cette région forestière n’avait pas connu un afflux aussi élevé d’éleveur transhumants, une réalité qui nécessite désormais la mise en place d’un Comité de gestion pour garantir la cohésion sociale.
Lors du dialogue communautaire, les habitants ont fait part de leurs difficultés liées à la transhumance et exprimé le vœu de mettre en place des Comités de gestion de conflit afin de garantir une transhumance apaisée.
Jonas Wodouema, Maire de Pissa exprime les besoins de sa Commune pour une transhumance apaisée. « Notre commune n’était pas une zone de pâturage, mais maintenant qu’elle l’est devenue, l’absence de couloir de transhumance cause des problèmes entre éleveurs et agriculteurs. Nous avons donc envisagé créer des couloirs de transhumance, avoir de aires d’abatages pour que la population puisse avoir de la viande de bonne qualité », a-t-il affirmé.
Bertin Serge Gognia, participant, plaide en faveur d’un appui de la MINUSCA dans la mise en place rapide d’un comité de gestion des conflits liés à la transhumance. « Ce que nous pouvons faire prochainement, c’est de mettre en place un Comité dans lequel il y aura aussi un représentant des éleveurs pour qu’en cas de conflit, l’on se retrouve autour de la table pour discuter », s’est-il exprimé.
Noella Maleavo, Représentante de l’organisation des femmes centrafricaines de Pissa à cet échange, invite la population à recourir au Comité de gestion pour régler les différends. « S’il y a quelque chose qui ne va pas entre les éleveurs et la population, on doit aller auprès du comité de gestion de transhumance afin de se plaindre. Ce Comité va mettre la cohésion sociale entre nous »,a-t-elle souligné.
Tout expliquant l’importance de cette activité, Gilles Guigui, Officier des Affaires civiles de la MINUSCA et coordonnateur des activités dans les régions de Bas-Oubangui et des Plateaux, estime : « Nous avons atteint nos objectifs, notamment grâce à la présence effective des participants attendus, qui ont partagé les difficultés et les conflits rencontrés entre agriculteurs et éleveurs dans la Lobaye. Ils ont également reçu des messages clés portant sur la gestion pacifique des conflits, la transhumance apaisée et l’importance de la collaboration entre agriculteurs et éleveurs. Les participants ont bien compris ces messages et se sont engagés à se rencontrer régulièrement afin de trouver des solutions durables aux problèmes liés à la transhumance ».
Ingrid Josette Souembot née Sandanga









