Ouham-Fafa : Renforcement des capacités pour la prévention des conflits liés à la transhumance
À Batangafo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa, des représentants des Forces de sécurité intérieure (FSI), des autorités administratives et locales, des leaders communautaires, des chefs traditionnels, des représentants des organisations d’éleveurs et d’agriculteurs ainsi que des organisations de la société civile ont participé, du 30 juin au 4 juillet 2026, à un atelier de formation et de sensibilisation, organisé par la MINUSCA sur la prévention et la gestion pacifique des conflits liés à la transhumance, afin de renforcer leurs capacités et de promouvoir la cohésion sociale et la prévention des conflits dans les zones concernées.
Cette formation vise à renforcer les capacités des participants à prévenir les tensions, à améliorer la collaboration entre les communautés et les Forces de sécurité intérieure, et à promouvoir des solutions durables aux conflits pastoraux.
Pendant cinq jours, les participants ont été formés aux principes de la police de proximité, à la prévention et à la gestion pacifique des conflits liés à la transhumance, ainsi qu’aux techniques de médiation et de dialogue intercommunautaire.
Tout en saluant cette initiative, les participants la trouvent essentielle pour renforcer la cohésion sociale et favoriser une transhumance apaisée dans la préfecture de l’Ouham-Fafa.
Pour Saly Baro Dramé, cheffe de la Police de proximité, cette formation représente une étape importante dans le rapprochement entre les forces de sécurité et les communautés. « La police de proximité repose avant tout sur la confiance, l’écoute et le dialogue. Les conflits liés à la transhumance ne peuvent être résolus uniquement par des interventions sécuritaires. Ils nécessitent l’implication de tous les acteurs concernés. En renforçant les capacités des FSI et des leaders communautaires, nous leur donnons les moyens de prévenir les tensions avant qu’elles ne dégénèrent en violences et de construire ensemble des solutions durables », a-t-elle souligné.
Pour le brigadier Jean-Baptiste Yandé, membre des Forces de sécurité intérieure et participant à la formation, les connaissances acquises seront directement utiles sur le terrain : « Cette formation nous permettra de mieux comprendre les causes profondes des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Nous repartirons avec des techniques de dialogue et de médiation qui nous permettront d’agir de manière préventive et de renforcer nos relations avec les communautés ».
Du côté des éleveurs, Amadou Oumarou, représentant d’un groupement pastoral de Batangafo, estime que cette initiative favorisera une meilleure compréhension mutuelle. « Nous avons besoin d’espaces comme celui-ci pour dialoguer avec les autorités et les agriculteurs. Si chacun connaît ses droits et ses responsabilités, il sera plus facile d’éviter les malentendus qui conduisent souvent aux affrontements », a-t-il expliqué.
Martin Ngoumba, agriculteur de la localité, explique : « Nos champs constituent notre principale source de revenus, mais nous savons également que l’élevage est essentiel pour de nombreuses familles. Cette formation nous montre qu’il est possible de trouver des solutions ensemble, grâce au dialogue et au respect des couloirs de transhumance ».
À l’issue de l’atelier, les participants ont recommandé de renforcer les mécanismes de dialogue et de prévention des conflits ainsi que la collaboration entre les Forces de sécurité intérieure, les autorités locales, les éleveurs, les agriculteurs et les communautés, afin de promouvoir une transhumance apaisée et de consolider la paix dans la région.
Bouna Cherif Fofana/ Police MINUSCA




