MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Après des années dans la brousse, 28 ex-combattants déposent les armes et misent sur la réinsertion

Fridolin Wambobo Kpegoulagna
Fridolin Wambobo Kpegoulagna

Une semaine après avoir intégré le programme de l’Unité d’exécution du Programme national de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (UEPNDDRR), 28 ex-combattants de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), originaires de la région de Yade (Nord-ouest de la République centrafricaine), séjournent à Bangui où ils bénéficient de l’accompagnement du gouvernement centrafricain et de ses partenaires, dont la MINUSCA. Après plusieurs années passées dans la brousse, ces anciens combattants disent avoir renoncé à la lutte armée en raison de l’absence de perspectives et espèrent désormais réussir leur réinsertion dans la vie civile.

À leur arrivée à Bangui, les stigmates de leur long séjour dans la brousse étaient bien visibles. Aujourd’hui, les vêtements propres et les visages plus détendus témoignent de l’évolution vers une vie normale.
Pour nombre d’entre eux, le moment est propice à une réflexion, voire une remise en question par rapport à des années de conflit et de privations. Et c’est sans hésitation que certains expriment la volonté de tourner la page de la lutte armée.

En sa qualité de chef de file, Mbessem Faranguende, alias « Dawa » dit avoir pris conscience de l’impasse que représentait la vie au sein des groupes armés : « Nous sommes restés très longtemps dans la brousse, mais il n’y avait pas d’avenir. Nous avons décidé de sortir. Nous avons perdu beaucoup de nos proches. Depuis notre arrivée ici, nous sommes bien traités, nous mangeons à notre faim et nous pratiquons des activités comme le football », raconte-t-il, demandant à « ceux qui sont encore dans la forêt de sortir à leur tour. La vie là-bas est très difficile et personne ne peut nous venir en aide ».

Le nécessaire accompagnement pour la réinsertion et le retour à la vie civile

L’ancien député Symphorien Aristide Nampessa, qui a facilité ce désarmement volontaire, exprime sa gratitude aux partenaires impliqués dans le processus, en particulier à la MINUSCA, dont l’appui, fait-il valoir, reste essentiel pour favoriser la démobilisation et accompagner le retour à la vie civile. Et d’affirmer : « Depuis plusieurs années, elle accompagne les efforts de paix et contribue à la prise en charge des ex-combattants, notamment par des activités de recensement et de démobilisation »,

Après le désarmement, ces hommes se concentrent désormais sur leur réinsertion. Certains souhaitent intégrer les Forces de défense et de sécurité, tandis que d’autres envisagent d’apprendre un métier afin de créer une activité génératrice de revenus dans leur région d’origine.

Pour ces 28 anciens combattants, cette étape marque un nouveau chapitre, porteur d’espoir d’une réintégration réussie et d’un retour durable à la vie civile.

Pour rappel, la MINUSCA apporte un appui technique, logistique, financier et sécuritaire à l’Unité d’exécution du programme national de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement depuis 2018.

Dans le cadre de ce soutien, la MINUSCA a mis en place un Programme de réduction de la violence communautaire (CVR) qui inscrit au nombre de ses objectifs la promotion du dialogue intercommunautaire et de la cohésion sociale.

Fridolin Wambobo Kpegoulagna