Bangui, le 21 octobre 2026 – À l’occasion de sa conférence de presse hebdomadaire, la MINUSCA est revenue sur la présentation, le 20 octobre, du dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la situation en République centrafricaine par la Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de la MINUSCA, Mme Valentine Rugwabiza, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies.
À l’entame de son exposé, la Représentante spéciale a annoncé la libération, le 19 octobre, des otages détenus par la milice Azande Ani Kpi Gbé (AAKG) depuis l’attaque de Bambouti du 28 décembre 2025, dont la sous-préfete de la localité. Cette libération a été rendue possible grâce à une opération de sécurisation menée par la MINUSCA, à l’issue de plusieurs mois de médiation conduite par les autorités locales avec l’appui de la Mission.
Dans son intervention, Mme Rugwabiza a souligné que « les progrès accomplis par la République centrafricaine au cours des dernières années sont réels et tangibles. Ils témoignent de l’engagement des autorités centrafricaines et du peuple centrafricain à consolider la paix, renforcer les institutions et construire un avenir plus stable et plus prospère ». Elle a notamment relevé les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, le désarmement et la démobilisation des combattants ainsi que l’installation progressive des autorités locales élues dans le cadre du processus de décentralisation. Depuis juillet 2025, plus de 1 900 combattants ont été désarmés et démobilisés avec l’appui de la MINUSCA, tandis que 127 des 177 communes avaient achevé, au 1er octobre, l’installation de leurs élus.
La Représentante spéciale a toutefois rappelé que ces avancées demeurent fragiles. Elle a attiré l’attention du Conseil sur la persistance de défis sécuritaires dans certaines régions frontalières, notamment dans le nord-est et le sud-est du pays. Évoquant les attaques survenues à Am-Dafock ainsi que les tensions persistantes à la frontière entre la République centrafricaine, le Soudan et le Tchad, elle a souligné que l’instabilité régionale continue de représenter une menace sérieuse.
Mme Rugwabiza a également mis en avant le rôle déterminant du partenariat entre les autorités centrafricaines et la MINUSCA dans la protection des civils, le rétablissement de l’autorité de l’État et l’accompagnement du processus de paix.
Elle a rappelé que les gains enregistrés devront être soutenus par des investissements durables dans l’état de droit, les institutions publiques, les droits humains, la cohésion sociale et le développement socio-économique.
S’agissant de l’avenir de la Mission, la Représentante spéciale a indiqué que les résultats obtenus permettent désormais d’envisager une nouvelle étape du partenariat entre les Nations Unies et la République centrafricaine. Elle a plaidé pour « une transition progressive, responsable et durable, conduite sous le leadership des autorités centrafricaines et fondée sur les réalités du terrain ». Devant les membres du Conseil, elle a souligné que « la question n’est plus de savoir si une transition est envisageable, mais comment la préparer de façon responsable, graduelle et durable, afin de préserver les acquis durement obtenus et de garantir qu’aucun vide ne compromette les progrès réalisés ».
À l’issue de la réunion, les membres du Conseil de sécurité ont salué les progrès enregistrés en République centrafricaine dans les domaines de la paix, de la sécurité, de l’extension de l’autorité de l’État et du processus politique. Un consensus s’est dégagé sur la nécessité de préserver ces acquis, le maintien des capacités de protection de la MINUSCA face à des menaces sécuritaires encore persistantes et de conduire toute évolution du dispositif de la MINUSCA en fonction des réalités du terrain.
Mme Yaye N. Sène
Porte-parole et Cheffe par intérim
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MINUSCA - Bangui, République centrafricaine

