MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Bangassou : l’autonomisation des femmes renforce la cohésion sociale

Bangassou : l’autonomisation des femmes renforce la cohésion sociale
À Bangassou, dans la préfecture du Mbomou, au sud-est de la République centrafricaine, deux groupements de femmes bénéficiaires du Programme de réduction de la violence communautaire (CVR) de la MINUSCA ont retrouvé confiance et autonomie après avoir été affectées par la crise sécuritaire de 2017-2019. Exilées ou déplacées durant les violences, ces femmes ont choisi la solidarité et l’entraide pour se reconstruire, tout en contribuant au renforcement de la cohésion sociale et à la relance économique de leurs communautés.
Les femmes du groupement Albaraka, au quartier Tokoyo, et celles du Groupement Ouali Ndjuin Na Ndo, dans le quartier Gbiakota, ont toutes été victimes des violences liées à la crise armée. Déterminées à se relever et à contribuer au retour de la paix dans leur pays, elles se sont constituées en groupements féminins fondés sur l’entraide et la solidarité.
Bénéficiaires de l’appui de la MINUSCA à travers le Programme CVR, ces deux associations constituent aujourd’hui un havre de paix pour leurs membres, mais aussi un moyen sûr de subsistance et de soutien à leurs familles et à leurs communautés.
Ces femmes, véritables symboles de résilience, n’ont pas oublié ce qu’elles ont vécu, mais leur détermination à se relever semble plus forte que les traumatismes subis. « Lors de la crise, nous avons été contraintes de nous exiler au Congo. À notre retour fin 2018, nous avons décidé de nous unir pour créer quelque chose ensemble et subvenir aux besoins de nos familles », raconte Mgbongabanga Helene, vice-présidente du Groupement Ouali Ndjuin Na Ndo. « Nous étions une quinzaine de femmes, et nous avions commencé avec l’agriculture et l’élevage », a-t-elle ajouté.
Dans le cadre du Programme CVR, les membres ont été formées en couture, fabrication de savon et tricotage. Aujourd’hui, le groupement compte 37 membres, dont cinq hommes, et dispose d’ateliers de couture, de tricotage de vêtements pour enfants et de fabrication de savon, en plus de l’élevage ainsi que de la culture de l’arachide et du riz.
Afin d’assurer la pérennité de leurs activités, elles ont instauré une gestion rigoureuse de leurs ressources, permettant de renforcer la solidarité communautaire.
« Nous mettons de côté une partie de nos bénéfices pour accorder de petits crédits à nos membres. Nous aidons aussi les orphelins et les enfants défavorisés de notre communauté, notamment pour leurs études », explique Marie Gisele Mgbo, présidente du groupement Ouali Ndjuin Na Ndo.
Pour elle, cette organisation leur a permis non seulement de renforcer leur autonomie financière, mais aussi d’assurer l’éducation de leurs enfants dans de meilleures conditions. « Grâce à notre groupement, j’ai pu scolariser mes sept enfants, dont trois ont obtenu leur baccalauréat, et mon aînée est devenue enseignante à Bangui », se réjouit Marie Gisèle.
Au-delà de l’aspect économique, ces groupements sont aussi des espaces d’écoute, de conseils et de solidarité. Noel, un jeune homme ayant rejoint le groupement en 2022, témoigne : « J’ai appris la couture ici et, grâce aux conseils de mes “mamans”, j’ai pu épargner et construire ma maison, où je vis paisiblement avec ma petite famille ».
Une reconstruction fondée sur la solidarité
Dans le quartier Tokoyo, le groupement Albaraka, partage cette même détermination. Victimes de la crise, elles ont décidé de se relever en menant des activités génératrices de revenus. Grâce au Programme CVR, elles ont également été formées en couture, boulangerie et saponification.
« Lors de la crise de 2017-2019, nous nous étions réfugiées dans l’église catholique et y sommes restées pendant presque deux ans », se rappelle Safiatou Moussa, vice-présidente du groupement Albaraka.
« Quand le calme est revenu, nous nous sommes mises en groupement pour mener des activités génératrices de revenus. C’est lors d’une de nos réunions que la MINUSCA est venue nous rencontrer. Après des séances d’échange et de consultation, ils ont accepté de nous aider. Nous avons donc été formées en couture, saponification et boulangerie », explique-t-elle.
Les femmes de ces deux groupements s’organisent également en microfinance villageoise, renforçant ainsi leur capacité à faire face aux difficultés et à développer leurs activités.
Reconnaissantes envers la MINUSCA, elles espèrent continuer à bénéficier de son soutien pour diversifier leurs activités, s’approvisionner en matières premières et améliorer leurs conditions de travail.
Ces initiatives illustrent la force de la résilience féminine et l’impact positif de l’appui de la MINUSCA dans la reconstruction des communautés. Au-delà de leur contribution économique, ces groupements incarnent la solidarité, la sororité et la résilience communautaire. Ils témoignent du rôle essentiel des femmes dans la reconstruction de la paix et le renforcement de la cohésion sociale.
Solange Fiaty