MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Face aux discours de haine, les acteurs institutionnels renforcent leur collaboration

haine

Renforcer la réponse nationale face aux discours de haine qui menacent la cohésion sociale et les efforts de paix en République centrafricaine. Tel a été l’objectif de l’atelier réunissant des magistrats, des procureurs, des avocats, des officiers de police judiciaire et des représentants du Haut Conseil de la Communication (HCC).

Organisée les 27 et 28 octobre 2026 par le Haut Conseil de la Communication (HCC) avec l’appui technique et financier de la MINUSCA, cette rencontre a permis aux participants d’examiner les moyens de renforcer les mécanismes nationaux de prévention et de réponse face aux discours de haine, tout en favorisant une meilleure compréhension des responsabilités de chaque acteur engagé dans cette lutte.

Les échanges ont porté sur le cadre juridique applicable, le traitement judiciaire des dossiers, la collecte des preuves numériques ainsi que les mécanismes de coordination entre les différentes institutions concernées.

 

Renforcer les capacités de réponse face aux discours de haine

Dans son intervention, le directeur adjoint de la Division des droits de l’homme de la MINUSCA, William Lifongo, a mis en avant l’importance du rôle des professionnels du droit dans l’identification et le traitement des infractions liées aux discours de haine.

Selon lui, la capacité des magistrats à qualifier juridiquement les faits, à analyser les contenus sensibles et à exploiter efficacement les preuves numériques constitue un élément essentiel pour prévenir les violences et protéger les populations.

« La mise en place d’un cadre de collaboration pour la transmission des alertes et le traitement des dossiers sensibles contribuera à renforcer la cohérence et l’efficacité de la réponse nationale », a-t-il dit.

 

Une meilleure coordination entre les institutions concernées

Le président du HCC, José Richard Pouambi, a rappelé que les discours de haine et l’incitation à la violence constituent des infractions pénales. Il a également souligné l’importance d’une meilleure compréhension des rôles et responsabilités respectifs des acteurs judiciaires et du régulateur dans la prévention et la répression de ces infractions.

Le magistrat Franck Fernand Kerehine, l’un des participants, a expliqué que les procureurs et les officiers de police judiciaire peuvent engager des poursuites lorsque des faits constitutifs de discours de haine ou d’incitation à la violence sont constatés.

Selon lui, l’identification des auteurs de messages haineux, la vérification de l’authenticité des comptes utilisés et la collecte de preuves recevables devant les juridictions demeurent des défis majeurs. Ces contraintes nécessitent un renforcement des capacités techniques ainsi qu’une collaboration accrue entre les services compétents.

« Les échanges d’expériences et de bonnes pratiques au cours de cet atelier permettront d’améliorer les méthodes d’enquête et de renforcer l’efficacité de la réponse judiciaire face à ces nouvelles formes de criminalité », a-t-il souligné.

À travers cette initiative, le HCC et la MINUSCA entendent soutenir les efforts des autorités centrafricaines pour consolider l’État de droit, prévenir les violences et renforcer la cohésion sociale dans un contexte où la paix demeure un enjeu majeur pour le pays.

Grace Ngbaleo