Présentant, le 23 juin 2026, aux 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine, la Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, a fait mention des progrès observés ces quatre dernières années parmi lesquels la tenue des élections couplées de décembre dernier, la situation sécuritaire, la nécessité de développer rapidement un plan pour combler les lacunes critiques du secteur de la sécurité et le processus de reconfiguration en cours de la MINUSCA. La Représentante spéciale a surtout souligné la nécessité de préserver ces acquis et d’en assurer la consolidation.
« La République centrafricaine a accompli des progrès remarquables et tangibles vers une paix et une sécurité durables, avec l’appui déterminant de la MINUSCA », a soutenu la cheffe de la MINUSCA, inscrivant au nombre des avancées notables sur le terrain « la mise en œuvre des processus politique et de paix, l’extension effective de la présence et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire centrafricain, la protection des civils ainsi que la préparation et la tenue des élections couplées historiques de décembre 2025, avec l’appui multidimensionnel de la MINUSCA ».

Autre étape déterminante, l’évolution positive du processus politique de la République centrafricaine (RCA) avec « l’achèvement complet du cycle électoral 2025/2026. Le 26 avril 2026, le second tour des élections législatives, régionales et municipales ainsi que des élections partielles se sont déroulés avec succès, y compris dans les quelques zones où le vote n’avait pas pu avoir lieu le 28 décembre 2025 ».
A bien des égards, en effet, les élections locales ont contribué à renforcer la gouvernance inclusive, avec une hausse du nombre de femmes élues, qui représentent désormais 45 % des conseillers municipaux, y compris à travers l’élection récente d’une femme à la tête de la mairie de la capitale, Bangui.
Des défis sécuritaires persistants
Il est indéniable que la RCA a accompli des progrès remarquables et tangibles vers une paix et une sécurité durables avec l’appui déterminant de la MINUSCA. Des avancées qui n’auraient pas été possibles sans une coopération étroite et constante, fondée sur la confiance et le respect mutuel entre la Mission et son pays hôte.
Bien que la situation sécuritaire se soit globalement améliorée dans l’ensemble du pays au cours des dernières années, la Cheffe de la MINUSCA a souligné qu’elle demeure fragile, notamment dans plusieurs zones frontalières du Nord-est et du Sud-est du territoire.

Dans le Nord-est, les répercussions du conflit au Soudan restent particulièrement préoccupantes, avec une recrudescence des activités des groupes armés le long de la frontière, notamment des incursions transfrontalières visant les populations civiles, en particulier dans la préfecture de la Vakaga.
Dans le Sud-est, « les attaques et enlèvements perpétrés par la milice AAKG continuent d’alimenter l’insécurité dans les préfectures du Haut-Mbomou et du Mbomou. »
A l’heure de la pérennisation des acquis sécuritaires, ces défis en disent long sur la nécessité d’investissements importants dans le secteur national de la sécurité et de ses institutions.
Une appropriation nationale concertée
A l’attention des membres du Conseil, Valentine Rugwabiza a aussi souligné que « la MINUSCA continue de travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement afin de protéger les civils et de consolider l’extension de l’autorité de l’État ».
A cet égard, fait-elle valoir, il est indispensable de disposer d’un plan permettant de combler les lacunes critiques du secteur de la sécurité fondé sur une forte appropriation nationale et soutenu par les partenaires internationaux. Ceci est essentiel pour garantir que le transfert progressif des tâches sécuritaires de la MINUSCA aux Forces nationales de défense et de sécurité s’effectue sans compromettre les avancées enregistrées.
Pour sa part, selon la Cheffe de la Mission, « la MINUSCA redouble d’efforts pour consolider et rationaliser son dispositif opérationnel, conformément à sa stratégie politique ainsi qu’aux concepts d’opérations actualisés de sa Force et de sa Police ». Ceci inclut la « fermeture de 21 bases situées dans des zones stabilisées, lui permettant ainsi d’adopter une posture plus agile et mobile, axée sur les zones les plus fragiles ».
Dans cette nouvelle étape de consolidation des acquis, la MINUSCA a également fermé trois bureaux de terrain ainsi qu’un de ses trois complexes à Bangui, générant des économies et favorisant une meilleure intégration entre ses composantes civiles et en uniforme. Aux autorités centrafricaines, la Mission a aussi transféré plusieurs postes statiques de sécurité à Bangui.
Toutefois, indique Valentine Rugwabiza, « le succès de cette reconfiguration et de l’approche opérationnelle plus mobile de la Mission demeure tributaire de capacités de soutien adaptées, en particulier dans le domaine aérien, compte tenu des infrastructures limitées et d’une saison des pluies qui, en République centrafricaine, s’étend sur huit mois ».
Et la Cheffe de la MINUSCA de souligner à l’intention des membres du Conseil de sécurité que « l’identification des tâches appelées à être progressivement transférées au Gouvernement est menée de manière coordonnée entre la Mission et les autorités nationales, sous la supervision d’un comité interministériel présidé par le Premier Ministre ».
Uwolowulakana Ikavi







