MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Quand les ponts et routes contribuent à bâtir la paix en RCA

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Dans la région de Birao, le contingent cambodgien de génie de la MINUSCA réhabilite une route afin de faciliter la circulation des populations, l’accès aux services essentiels et l’acheminement de l’aide humanitaire. Crédit photo: Minusca

L’un est lieutenant-colonel et commandant adjoint de l’Unité cambodgienne de Génie. L’autre est capitaine ingénieur et officier technique et de liaison, déployé en mission en juillet 2025. Tous deux servent au sein de la Force de la MINUSCA en République centrafricaine. À travers la réhabilitation des routes, la réparation des ponts et la réalisation d’infrastructures essentielles, le Lieutenant-Colonel Yann Makar et le Capitaine Pisey PO partagent une même mission : améliorer les conditions de vie des populations tout en renforçant les fondements d’une paix durable. Portraits croisés de deux Casques de la MINUSCA.

Chaque jour, les équipes de la compagnie du génie cambodgien de la MINUSCA interviennent sur plusieurs axes routiers, des ponts, des aérodromes et d’autres infrastructures stratégiques qu’elles ont pour mission de construire ou de réhabiliter. Avec les autres membres de leur équipe, le Lieutenant-Colonel Yann Makar et le Capitaine Pisey POont accompli bien des missions, les unes plus marquantes que d’autres.

Parmi ses réalisations, le Lieutenant-Colonel Yann Makar cite la réhabilitation du tronçon reliant Ippy à Bambari, au niveau du PK5, comme l’un des exemples les plus significatifs de l’impact de la Mission. À l’époque, de nombreux camions transportant des marchandises, du carburant et de l’aide humanitaire étaient immobilisés depuis près de trois semaines en raison de l’état de la route. Grâce à l’intervention rapide de l’équipe du génie, la circulation a pu être rétablie, ce qui a permis la reprise des activités économiques et humanitaires.

De son côté, le Capitaine Pisey PO se remémore la réhabilitation de la route Grimari-Sibut, un axe stratégique d’environ 120 kilomètres, élargi à neuf mètres de large. Avant les travaux, cette route était pratiquement impraticable pendant la saison des pluies. Aujourd’hui, elle permet aux populations, aux commerçants et aux services essentiels de circuler plus facilement tout au long de l’année.

Décloisonner des communautés

Au-delà de leurs travaux, leurs réalisations racontent une histoire plus profonde, celle de communautés autrefois isolées qui retrouvent l’accès aux marchés, aux écoles et aux centres de santé. Celle d’hommes, de femmes et d’enfants qui voient leur quotidien progressivement transformé grâce à des routes praticables et des voies de communication sécurisées.

Pour le Lieutenant-Colonel Yann Makar, l’ingénierie militaire est avant tout un moyen concret de servir les populations. « Grâce à nos travaux de génie militaire, j’ai pu constater l’impact concret de la réhabilitation des routes, des ponts et d’autres infrastructures essentielles. Ces améliorations facilitent les déplacements, renforcent l’accès aux services de base et soutiennent les activités économiques locales », explique-t-il.

Cette vision est aussi celle du Capitaine Pisey PO. En tant qu’officier technique et de liaison, il veille non seulement à la bonne exécution des projets, mais aussi à leur adéquation aux besoins des populations locales. « J’ai compris que les infrastructures ne sont pas seulement des ouvrages techniques ; elles transforment concrètement le quotidien des personnes », souligne-t-il.

Si leurs responsabilités diffèrent, leurs expériences de terrain les conduisent à la même conclusion : les routes et les ponts construits ou réhabilités constituent bien plus que de simples réalisations matérielles. Ils représentent de nouvelles opportunités pour les communautés.

Pour eux, l’impact de ces réalisations se mesure avant tout aux changements observés chez les habitants. Des agriculteurs qui accèdent plus facilement aux marchés, des enfants qui rejoignent leur école en toute sécurité, des familles qui atteignent plus rapidement les centres de santé, ou encore des communautés isolées qui retrouvent un lien avec le reste du pays. « Pour les habitants, de meilleures voies de communication signifient un accès plus rapide aux centres de santé, aux écoles, aux marchés et à l’aide humanitaire », souligne le Lieutenant-Colonel Yann Makara.

Une conviction que le Capitaine Pisey PO partage pleinement. « Notre travail ne consistait pas uniquement à construire ; il représentait aussi l’accès aux opportunités, la sécurité et l’espoir », explique-t-il. Cette proximité avec les populations a profondément transformé leur perception du maintien de la paix. Tous deux estiment aujourd’hui que la paix ne se limite ni à la sécurité ni à l’absence de conflit. « J’ai compris que la paix ne consiste pas uniquement à garantir la sécurité, mais aussi à instaurer la confiance, à respecter les communautés locales et à créer les conditions nécessaires à une stabilité durable », affirme le Lieutenant-Colonel Yann Makar.

Le Capitaine Pisey PO partage la même analyse. « Aujourd’hui, je sais que le maintien de la paix repose également sur la confiance, le respect mutuel et l’écoute. Il est possible de construire des routes grâce au génie civil, mais seules les relations humaines permettent de bâtir une paix durable. »

Cette capacité à relier les personnes est devenue le cœur de leur engagement au sein de la MINUSCA. A travers les routes qu’ils réhabilitent, les ponts qu’ils reconstruisent et les infrastructures qu’ils améliorent, les deux officiers contribuent chaque jour à créer les conditions favorables au développement et à la paix.

Le Lieutenant-Colonel Yann Makar et le Capitaine Pisey PO partagent bien plus qu’une expertise en ingénierie militaire. Ils portent un même regard sur leur mission : celui de bâtisseurs de paix qui mettent leurs compétences au service des populations. Leurs réalisations ont permis à la fois de relier des localités et de rapprocher les communautés.

Ainsi, pour les deux Casques bleus, les travaux de génie constituent également un puissant moteur de consolidation de la paix. Car chaque route réhabilitée, chaque pont réparé ou chaque corridor logistique restauré contribue à rapprocher les communautés et à soutenir les efforts humanitaires.

Et les habitants apprécient…

Le parcours des deux Casques bleus est jalonné de vécus, les uns plus touchants que les autres. Et lorsqu’ils les évoquent, ce n’est pas sans émotion. Le Lieutenant-Colonel Yann Makar se souvient encore de ce moment où « Les villageois, accompagnés de nombreux enfants, sont venus à notre rencontre avec des sourires rayonnants et une joie sincère. Ce qui m’a le plus touché, c’est qu’ils ont spontanément proposé leur aide et ont travaillé à nos côtés sur le chantier. »

Il poursuit : « Ce qui m’a le plus inspiré chez les populations locales, c’est leur résilience, leur bienveillance et leur capacité à garder espoir malgré les épreuves ».

Pour le Capitaine Pisey PO, c’est une scène consécutive à l’aménagement du terrain d’un hôpital et à la réhabilitation de sa route d’accès. « Un habitant du village est venu vers nous avec un grand sourire, m’a dit “merci beaucoup” et m’a serré chaleureusement la main. À cet instant, j’ai compris que le maintien de la paix ne se résume pas à la réalisation d’ouvrages, mais, avant tout, à servir les populations. »

Le Casque bleu est aussi touché par l’optimisme qui renaît au sein des communautés : « Malgré des moyens parfois très limités, les gens partagent volontiers ce qu’ils possèdent et gardent le sourire. Ils m’ont appris la patience, la gratitude et l’importance de l’esprit communautaire. »

Ainsi, derrière les engins de chantier, les études géotechniques et les travaux de terrain, deux parcours se rejoignent autour d'une même conviction : les infrastructures ne sont pas seulement des ouvrages de génie civil ; elles sont aussi des passerelles vers l’espoir, le développement et la stabilité pour la RCA et son peuple.