Lors de la conférence de presse de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) tenue ce mercredi à Bangui, la porte-parole a fait le point sur la reconfiguration en cours de la Mission.
Florence Marchal est revenue sur la remise officielle de sept bases opérationnelles de la MINUSCA aux autorités centrafricaines, intervenue mercredi dernier à Mbaïki, en présence de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine, Valentine Rugwabiza, et du Premier Ministre centrafricain, Félix Moloua. Dans leurs interventions respectives, rappelle la porte-parole, la Cheffe de la MINUSCA et le Premier Ministre ont souligné que cette cérémonie marquait « une étape importante dans le partenariat entre la MINUSCA et le Gouvernement centrafricain et ouvrait un nouveau chapitre ».
« Cette cession de bâtiments et d’équipements est en effet bien plus qu’une simple formalité technique. Elle illustre la nouvelle phase dans laquelle la Mission est entrée depuis le début de l’année 2026, celle de la consolidation des gains obtenus dans les domaines de la paix, la stabilité politique et institutionnelle, la sécurité et l’extension de l’autorité de l’État au bénéfice des populations », a dit la porte-parole.
Lors de cette nouvelle phase qui succède à celle de la stabilisation, « la MINUSCA va transférer progressivement aux autorités centrafricaines certaines des tâches qu’elle assume ou soutient depuis la création de la Mission dans des zones aujourd’hui stabilisées » a-t-elle ajouté en précisant que « ce transfert s’effectue dans une approche qui contribue également à renforcer les capacités des institutions centrafricaines appelées à prendre la relève ».
Face aux inquiétudes des populations, la porte-parole a fait valoir que le choix des bases concernées « ne doit rien au hasard » et qu’il a fait l’objet de « consultations étroites et permanentes entre la Représentante spéciale, le Président de la République et le Premier Ministre », sur la base d’une « analyse approfondie de la situation sécuritaire dans les zones où elles étaient implantées ».
Florence Marchal a précisé que la cession des bases « s’inscrit dans une reconfiguration planifiée de la MINUSCA mais aussi adaptée aux contraintes financières auxquelles la Mission fait face ».
Selon la porte-parole de la MINUSCA, « l’ajustement de la présence physique de la MINUSCA reflète les progrès tangibles accomplis, même s’ils demeurent fragiles dans certaines zones. Il se traduit par une réduction de l’empreinte statique dans les zones les plus stables, et par un recentrage des efforts vers celles qui nécessitent une attention particulière ». Elle a expliqué que la Mission privilégie la mobilité, ce qui « inclut davantage de patrouilles de longue distance et de longue durée, ainsi qu’une capacité renforcée de déploiement rapide, en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain ».
Elle a souligné que la MINUSCA « concentre ainsi ses ressources là où elles sont le plus nécessaires, tout en préservant sa capacité à protéger les civils, où qu’ils se trouvent, conformément au mandat qui lui est confié par le Conseil de sécurité ».
Pour rappel, les sept bases concernées par cette cession sont situées dans les préfectures de la Lobaye (Mbaïki), de la Bamingui-Bangoran (Bamingui), de la Kémo (Dékoa), de la Nana-Mambéré (Dilapoko), de la Ouaka (Ippy et Kouango) ainsi que de la Basse-Kotto (Pombolo). Les équipements remis aux autorités nationales comprennent des bâtiments en dur, des structures préfabriquées, des postes de garde, des héliports, des forages et réservoirs d’eau, des groupes électrogènes, des climatiseurs ainsi qu’un incinérateur.
Le deuxième sujet abordé lors de cette conférence de presse a été celui de la relance, par le Ministre chargé du désarmement, de la démobilisation, de la réintégration, et du rapatriement (DDRR), du processus de désarmement et de démobilisation après une période latente de quelques mois.
« La MINUSCA salue cette relance du processus » a déclaré la porte-parole en précisant que la Mission « réaffirme sa volonté de poursuivre son appui technique, sécuritaire, financier et logistique à l’Unité d'exécution du Programme national de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (UEPNDDRR) en partenariat avec le Ministère chargé du DDRR et du suivi de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation et de l’Accord politique de Ndjamena, sous la conduite du Ministre Général Henri Wanzet Linguissara, afin de contribuer à l’ancrage durable de la paix en République centrafricaine ».
Des opérations sont planifiées au cours des deux prochaines semaines. La première, prévue cette semaine à Kouki, dans l’Ouham, concernera 200 éléments armés dont 120 de l’UPC et 80 du MPC. Une deuxième opération ciblera 100 combattants des 3 R à Ndongué-Douane dans la Nana-Mambéré.
1 331 combattants, dont 35 femmes, ont volontairement renoncé aux armes et ont été officiellement démobilisés par l’UEPNDDRR avec le soutien de la MINUSCA depuis juillet 2025 dans le cadre de l’Accord du 19 avril 2025 de N’Djamena.
Enfin, la porte-parole de la MINUSCA a annoncé la tenue, le mardi 23 juin prochain, d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation en République centrafricaine. Cette réunion correspond à la publication, tous les quatre mois, du rapport du Secrétaire général sur la République centrafricaine. Le rapport qui sera examiné couvre la période allant du 13 février au 13 juin 2026.
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Florence Marchal
Porte-parole & Cheffe par interim / Spokesperson & Officer-in-Charge Chief
Service de la communication stratégique et de l’information publique / Strategic Communication and Public Information Service
M: +236 72 98 17 13
MINUSCA
Bangui, RCA / CAR

