Après des années marquées par l'insécurité et les violences, Bakouma retrouve progressivement son visage d'autrefois. Dans cette localité du sud-est de la République centrafricaine, les efforts conjugués des autorités, des communautés et de leurs partenaires, dont la MINUSCA, contribuent aujourd'hui à restaurer la sécurité, renforcer la cohésion sociale et relancer la vie économique.
Pour le maire de Bakouma, Alima Diarra, la présence de la MINUSCA a largement contribué à améliorer la situation sécuritaire et à rassurer la population. « La présence du contingent de la MINUSCA a fortement contribué à réduire les incursions des groupes armés et à rassurer la population. Les patrouilles menées dans la ville et sur les axes, en collaboration avec les forces nationales, ont eu un effet dissuasif important », souligne-t-elle.
Elle salue également l’appui de la Mission à la réhabilitation de la brigade de gendarmerie et de la maison polyvalente des jeunes. Ces infrastructures offrent désormais de meilleures conditions de travail aux forces de sécurité et un cadre plus adapté aux activités de la jeunesse. « Je souhaiterais que la MINUSCA se penche également sur la situation de la mairie et nous aide à disposer d’un cadre de travail plus sain et plus agréable », plaide-t-elle.
Renforcer la protection des droits de l’homme
À Bakouma, les formations et les activités menées par la Mission ont également permis de renforcer la collaboration entre la gendarmerie et les acteurs de la société civile.
Dako Tatiana, point focal du Forum des droits de l’homme de Bakouma, témoigne de l’impact de cet accompagnement : « Les formations ainsi que les appuis financiers et logistiques de la Section des droits de l’homme [de la MINUSCA] nous ont permis d’être mieux outillés pour assurer le suivi de la situation des droits de l’homme et mener plus efficacement nos activités dans la localité ». Selon elle, ces initiatives ont également favorisé l’instauration d’une relation de confiance avec les forces de sécurité, elles aussi bénéficiaires des formations.
« Ces formations ont permis d’établir de bonnes relations avec les gendarmes. Aujourd’hui, le suivi de la situation des droits de l’homme au sein de la brigade est devenu presque une routine », a-t-elle ajouté.
Des infrastructures au service de la communauté
Dans le cadre de son appui à la stabilisation, la MINUSCA a contribué à la réhabilitation de plusieurs infrastructures à Bakouma, notamment les bâtiments de la gendarmerie, la maison polyvalente des jeunes et la radio communautaire Lego Ti Mbogno.
Pour Anidjikoumba Jean Marie, directeur de la radio, ces réalisations, combinées aux efforts de sensibilisation et de médiation de la Mission, ont contribué au retour progressif des habitants. « Beaucoup de choses ont changé à Bakouma grâce à la présence de la MINUSCA. Après les crises de 2017 à 2019, puis celles de 2021 et 2022, ainsi que les incursions de groupes armés au cours des dernières années, une partie de la population avait fui vers Bangassou. Grâce aux actions de sensibilisation et de médiation de la MINUSCA, ainsi qu’au déploiement du contingent marocain, les habitants reviennent progressivement à Bakouma », explique-t-il.
L’espoir retrouvé
Pour les habitants, notamment les jeunes, l’amélioration de la sécurité permet de reprendre le chemin de l’école et de se projeter dans l’avenir.
Belvia, une élève de Bakouma, qui rêve de devenir juge pour enfants, témoigne : « Depuis l’arrivée du contingent marocain, nous pouvons aller à l’école tranquillement. Je prie pour que les soldats restent encore longtemps, afin que je puisse terminer mes études et devenir juge pour protéger les enfants ».
À Bakouma, la présence de la MINUSCA contribue ainsi à renforcer la sécurité, à soutenir les institutions locales et à créer les conditions nécessaires au retour de la population et à la relance des différentes activités et de la vie communautaire.
Akossiwa Solange Fiaty




