La situation sécuritaire et humanitaire en République centrafricaine, ainsi que l’avenir de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), ont été au cœur de l’intervention du président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, le 23 septembre 2026 à la tribune des Nations Unies, lors de la 81e Assemblée générale de l’ONU à New York.
Dans son allocution, le chef de l’État a réaffirmé que la paix en République centrafricaine repose sur trois piliers essentiels : le dialogue, la justice et le développement partagé. Il a mis en avant les progrès enregistrés dans le cadre du processus de paix, notamment le désarmement et l’autodissolution de plusieurs groupes armés signataires de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation.
« La paix ne se décrète pas, elle se construit jour après jour par le dialogue, la justice et le développement partagé. Aucune paix imposée par la force ne saurait être durable. Seule une paix négociée, juste et inclusive peut restaurer véritablement la confiance entre les nations », a déclaré le Président Touadéra. Il a également défendu l’option du dialogue politique inclusif et de la réconciliation nationale, estimant qu’elle constitue une voie durable vers la stabilité. « Nous avons fait le choix, un choix difficile et souvent critiqué, du dialogue politique inclusif, du désarmement négocié et de la réconciliation nationale plutôt que de la seule réponse militaire », a-t-il souligné.
Abordant les conséquences régionales de la crise soudanaise, Faustin-Archange Touadéra a indiqué que plus de 27 000 réfugiés se sont installés autour de la ville de Birao, dans le nord-est du pays, accentuant la pression sur les ressources disponibles et les services sociaux de base. Face à cette situation, il a lancé un appel à une mobilisation renforcée de la communauté internationale. « Un pays fragile a besoin de sécurité pour se développer et de développement pour se stabiliser. Quand la santé, l’éducation, les routes, l’énergie et l’emploi des jeunes passent au second plan, ce ne sont pas seulement les objectifs de développement durable qui s’éloignent. C’est la paix elle-même qui se fragilise », a-t-il averti.
Le chef de l’État a par ailleurs renouvelé sa proposition de création d’un mécanisme mondial de prévention et de médiation des conflits. Selon lui, cet instrument devrait disposer de ressources prévisibles et être administré dans le respect des principes de transparence et de responsabilité.
S’exprimant sur l’avenir de la MINUSCA, le président centrafricain a insisté sur la nécessité d’une approche progressive et concertée en cas de retrait de la mission onusienne. « Tout retrait de la MINUSCA doit être progressif, se construire sur des critères objectifs et partagés, et non sur un calendrier arbitraire, déconnecté des réalités du terrain », a-t-il affirmé.
Le Président Touadéra a également mis en avant le rôle déterminant des jeunes et des femmes dans la consolidation de la paix, estimant que leur participation constitue une condition indispensable à la réussite des efforts de stabilisation. Enfin, il a appelé les Nations Unies à poursuivre leur engagement en faveur de la paix et à renforcer leur soutien aux pays fragiles confrontés à des défis sécuritaires, humanitaires et de développement.
Par Noura Oualot





