Finalistes des Prix du Secrétaire général des Nations Unies 2026 dans la catégorie « Protection des civils et respect du droit international humanitaire », Jean Paul Gervais Golopaye, Placide Hilaire Yamande et Brice Paulin Ngamakette partagent bien plus qu'une nomination prestigieuse. Ils partagent une même vocation : être à l'écoute des populations et contribuer, jour après jour, à bâtir la paix au cœur de la Haute-Kotto, dans la région du Fertit.
Leurs noms sont peu connus du grand public. Pourtant, sur le terrain, ils figurent parmi les visages les plus familiers de la MINUSCA. Assistants de liaison communautaire (ALC), Jean Paul Gervais Golopaye cumule 14 années de service au sein de la Mission, tandis que Placide Hilaire Yamande et Brice Paulin Ngamakette y consacrent chacun huit ans.
Leur quotidien ne se raconte pas en heures de bureau, mais en kilomètres parcourus, en dialogues facilités et en tensions désamorcées. Infatigables, ils ont fait de la protection des civils leur raison d'être. Ils créent et animent des réseaux communautaires d'alerte précoce, favorisent les échanges entre communautés, autorités locales et MINUSCA, soutiennent les initiatives de cohésion sociale et renforcent les capacités des acteurs locaux en matière de médiation et de coexistence pacifique.
Mais au-delà des actions, ce sont les populations qui les marquent profondément. À mi-parcours de l'année, lorsqu'on leur demande ce qui les a le plus marqués dans leur travail, les trois collègues évoquent d'abord la résilience humaine. « Ce qui me touche le plus, c'est la dignité et la résilience des populations qui continuent d'espérer un avenir meilleur malgré les nombreuses difficultés auxquelles elles sont confrontées », confie Jean Paul Gervais Golopaye.
Brice Paulin Ngamakette observe, lui aussi, cette capacité à regarder vers l'avenir lorsqu'il évoque « l'espoir d'un avenir meilleur malgré les difficultés et une aspiration communautaire au vivre-ensemble ». Plus analytique, Placide Hilaire Yamande souligne que « malgré l'instrumentalisation ethnique ou religieuse des conflits, les populations aspirent profondément à la paix, conscientes que leur survie dépend de leur interdépendance socio-économique ». Cette proximité avec les communautés leur confère également une compréhension fine de la perception qu'ont les populations de la MINUSCA. « Nos interlocuteurs sont généralement optimistes et portent un regard positif sur la Mission », explique Brice Paulin Ngamakette. « Au regard des appuis multidimensionnels apportés à la stabilisation de la République centrafricaine, ils souhaitent que la MINUSCA poursuive son mandat ».
Des attentes élevées, parfois même considérables, qui témoignent aussi des défis persistants auxquels font face les institutions publiques. « Face à la fragilité de l'État et à la présence limitée de certaines institutions dans les régions et les villages, les populations se tournent souvent vers la MINUSCA et nourrissent des attentes toujours plus importantes», observe Placide Hilaire Yamande.
Alors, à quoi ressemblerait le succès ? Pour Jean Paul Gervais Golopaye, il se concrétisera « lorsque les communautés vivront durablement en paix, régleront leurs différends par le dialogue et feront pleinement confiance aux institutions de l'État pour répondre à leurs besoins ». Brice Paulin Ngamakette partage cette même ambition d'une paix définitive et durable sur l'ensemble du territoire centrafricain. Quant à Placide Hilaire Yamande, il estime que « le succès de notre mission se mesurera à la capacité de l'État à exercer pleinement ses fonctions régaliennes, à garantir la sécurité des populations, le respect des droits fondamentaux et la continuité des services publics essentiels ».
À travers leurs parcours, leurs convictions et leur engagement quotidien, ces trois artisans de paix incarnent l'esprit même du service des Nations Unies : accompagner les populations jusqu'au jour où elles n'auront plus besoin de protection, parce que la paix sera devenue la norme.
Leur véritable récompense, elle, se lit déjà dans l'espoir qu'ils contribuent à faire renaître au sein des communautés qu'ils servent. Le Prix du Secrétaire général est à portée de main.





