Afin de prévenir les conflits liés aux déplacements du bétail, dans la Région de l’Équateur, 44 représentants des autorités locales, des services techniques, des forces de défense et de sécurité ainsi que des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs se réunissent du 9 au 10 octobre 2026 à Berbérati avec l’appui de la MINUSCA. Les participants évaluent la campagne de transhumance 2025-2026 et préparent celle de 2026-2027 afin de renforcer la coexistence pacifique entre les communautés.
Les conflits liés à la transhumance demeurent une préoccupation majeure dans la région, où l’agriculture et l’élevage constituent des moyens de subsistance essentiels pour des milliers de familles.
Un champ endommagé par le passage d’un troupeau, un différend sur l’accès à l’eau ou à une zone de pâturage peuvent rapidement dégénérer en affrontements lorsque les mécanismes de règlement des litiges sont faibles ou inexistants.
C’est pour prévenir ce type de situation que les participants à cet atelier se sont réunis pendant deux jours à Berbérati. Les échanges ont permis d’examiner les défis rencontrés au cours de la campagne écoulée, d’identifier les zones sensibles et de formuler des recommandations destinées à améliorer la gestion de la prochaine saison de transhumance.
Présidant les travaux, le gouverneur de la région de l’Équateur, Honoré Kinda, a souligné l’importance économique et sociale de la transhumance pour les communautés locales. « La transhumance fait vivre des communautés et contribue à l’économie locale. Mais lorsque les couloirs de passage, les zones de culture et les espaces de pâturage se chevauchent, les tensions augmentent. Les dégâts aux champs, les vols de bétail et les disputes autour de l’accès à l’eau et aux terres peuvent opposer éleveurs et agriculteurs », a-t-il affirmé.
Selon les statistiques présentées à l’ouverture de l’atelier, au moins 131 incidents liés à la transhumance ont été enregistrés en République centrafricaine durant la saison 2025-2026. Ces incidents ont causé 35 morts et 32 blessés, illustrant la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de gestion des conflits.
Dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï, plusieurs initiatives ont déjà été mises en œuvre pour favoriser une cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs. Selon Yamenenzi Ricklain Arnault, chef du service préfectoral de l’élevage à Berbérati, l’appui de la MINUSCA a contribué à la création de comités locaux de gestion des conflits dans les six communes de la préfecture. « Ces structures offrent un cadre où agriculteurs et éleveurs peuvent rechercher des solutions à l’échelle communautaire », a-t-il expliqué.
Grâce à ces mécanismes, plusieurs différends liés à la destruction de cultures ou à la divagation du bétail ont pu être réglés par la médiation, évitant ainsi des violences qui, par le passé, pouvaient entraîner des conséquences dramatiques.
Pour Yvon Rodrigue Korondji, directeur régional de l’agriculture dans la région de l’Équateur, ces progrès doivent être consolidés par une meilleure organisation de l’espace rural. « Ce changement ne règle pas tous les problèmes. D’où la nécessité de mieux délimiter les couloirs de transhumance et de distinguer clairement les zones agricoles des zones d’élevage. Mais le recours à la médiation peut éviter que des incidents locaux ne deviennent des conflits plus larges », a-t-il souligné.
Au terme des travaux, les participants ont élaboré un plan d'action pour la campagne de transhumance 2026-2027. Ils y ont recommandé la mise en place d’un cadre préfectoral de concertation pour renforcer le partage d’informations, l’alerte précoce et le suivi des activités liées à la transhumance. Ils ont préconisé la sensibilisation des communautés au respect des couloirs de transhumance et la poursuite des efforts de désarmement des éléments du groupe armé 3R. L’identification des zones de pâturage et d’accueil des transhumants, ainsi que l’aménagement des couloirs de passage, figurent également parmi les priorités. La création d’espaces dédiés à la commercialisation du bétail a été proposée pour faciliter les échanges entre éleveurs et communautés locales. Ces mesures visent à prévenir les conflits, à renforcer la cohésion sociale et à promouvoir une transhumance pacifique et durable en République centrafricaine.
À travers cette initiative, la MINUSCA réaffirme son engagement à soutenir les autorités et les communautés dans leurs efforts de prévention des conflits et de consolidation de la cohésion sociale, afin que la transhumance demeure une activité économique bénéfique plutôt qu’une source de tensions.
Dramane Daravé













