Des champs préservés, des couloirs de passage respectés et une meilleure cohabitation entre agriculteurs et éleveurs. À Bangassou, 58 acteurs de la transhumance, dont neuf femmes, représentant les autorités locales, les services techniques, les organisations d’éleveurs et d’agriculteurs ainsi que les partenaires du secteur, ont participé à un atelier organisé avec l’appui de la MINUSCA. Cette rencontre visait à tirer les leçons de la campagne 2025-2026 et à identifier les actions prioritaires pour prévenir les conflits et préparer une transhumance plus apaisée en 2026-2027.
Au cours des travaux, les participants ont analysé les principaux défis rencontrés durant la saison écoulée afin de mieux anticiper les tensions futures et promouvoir une coexistence pacifique entre agriculteurs et éleveurs.
Les échanges ont porté sur le rôle, les responsabilités et les limites des mécanismes locaux de prévention des différends. Les participants ont également recensé les bonnes pratiques et les facteurs de risque, avant de recommander une implication accrue des services techniques de l’État, notamment ceux de l’élevage et de l’agriculture.
Prenant la parole, le gouverneur de la région du Haut-Oubangui, Victor Bissekoin, a salué les avancées enregistrées, notamment la baisse des incidents, la réduction des violences et les efforts engagés contre l’occupation illégale des terres et des espaces. Il a également invité les structures concernées à veiller à l’identification rigoureuse des transhumants étrangers. « Seule l'unité, la fraternité et la solidarité peuvent atténuer les conflits communautaires liés à la transhumance », a-t-il souligné.
Enock Bangbanzi, président du comité de gestion et de prévention des conflits liés à la transhumance du village de Ngamana-Bodo, situé sur l’axe Bangassou-Bangui, est revenu sur les difficultés rencontrées dans l’exercice de sa mission, notamment dans la résolution des différends opposant éleveurs et agriculteurs.
De son côté, Helen Tonga, coordinatrice des Affaires civiles et organisatrice de l’atelier, a rappelé la responsabilité des structures faîtières de la transhumance dans la prévention des violences. Elle a insisté sur l’implication des membres des comités, des leaders communautaires et des élus locaux dans la gestion de cette activité pastorale. Pour elle, l’identification et la cartographie des zones sensibles demeurent une priorité. « Si elles ne sont pas prises en compte, elles peuvent être à l'origine de violences portant atteinte aux droits humains », a-t-elle averti.
Au terme des travaux, les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à améliorer la gestion de la prochaine campagne et à renforcer les dispositifs de prévention à l’échelle locale.
Cette activité s’inscrit dans les efforts continus de la MINUSCA pour renforcer les mécanismes locaux de gestion des conflits, promouvoir le dialogue entre les communautés et soutenir une transhumance pacifique dans la préfecture du Mbomou.
Maelaine Annette Malebingui





