À l’instar des autres États membres des Nations Unies, la République centrafricaine a célébré, le 21 septembre 2026, la Journée internationale de la paix. Placée sous le thème « Investir dans la paix : pour tous, partout et chaque jour », cette édition a donné lieu à plusieurs initiatives en faveur du dialogue, de l’éducation, de la cohésion sociale et de la réconciliation.
De Bangui à Bambito, en passant par Boali, Bambari, Baoro et Barama, autorités locales, leaders communautaires, organisations de la société civile, jeunes, femmes et Casques bleus se sont mobilisés pour rappeler que la paix se construit au quotidien, par le dialogue, la solidarité et l’investissement dans les générations futures.
La rentrée scolaire placée sous le signe de la paix
À Bangui, Bambari et Bambito, la Journée internationale de la paix a coïncidé avec la rentrée scolaire. Les activités organisées dans plusieurs établissements ont associé sensibilisation à la paix et amélioration des conditions d’apprentissage.
À Bangui, les contingents égyptien et rwandais de la MINUSCA ont célébré cette journée aux côtés des communautés scolaires. À l’école Mubarak, le Bataillon égyptien a réuni près de 100 élèves et membres de la communauté éducative, parmi lesquels plusieurs enfants orphelins. La cérémonie a notamment été marquée par la distribution de kits scolaires et de matériel éducatif.
Pour le directeur de l’établissement, M. Edrees Mohamed Adam, cette action va au-delà du simple don de fournitures.
« Votre présence aujourd’hui a apporté beaucoup de joie à nos élèves. Nous apprécions profondément les fournitures scolaires, mais surtout le temps et l’attention accordés à nos enfants », a-t-il affirmé.
Dans le 5ᵉ arrondissement de Bangui, le contingent rwandais a également remis des kits scolaires à plus de 300 élèves de l’école primaire de Benz-Vi. Saluant cette initiative, le maire Alain Yemo a rappelé l’importance de préserver la paix pour favoriser le développement de la communauté.
« Sans la paix, nous ne pourrions rien faire. Mobilisons-nous donc pour être des ambassadeurs de la paix », a-t-il indiqué.
À Bambari, dans la préfecture de la Ouaka, 150 élèves de l’École des Garçons et des Filles ont reçu des fournitures scolaires remises par le contingent tunisien. Ils ont également participé à une séance de sensibilisation aux valeurs de paix, de cohésion sociale et de respect mutuel. Une activité consacrée à l’hygiène et à la prévention sanitaire a par ailleurs été animée par le médecin du contingent.
Pour Nathalie Jupsie Bemba, directrice de l’établissement, cette initiative souligne l’importance d’un environnement stable pour l’éducation et l’épanouissement des enfants.
Dans le Haut-Mbomou, une activité de sensibilisation à la paix s’est tenue à l’école de Bambito avec la participation du contingent népalais. Cent élèves ont reçu des kits scolaires destinés à améliorer leurs conditions d’apprentissage. Du matériel sportif a également été remis à l’établissement afin d’encourager les activités récréatives et de renforcer la cohésion sociale entre les jeunes.
Pour Mariam Mbolifoue, élève en classe de CM2, ces kits lui permettront de mieux apprendre au cours de l’année scolaire.
L’établissement a également reçu des fournitures de bureau destinées à renforcer ses capacités administratives et pédagogiques.
Marche populaire à Baoro
À Baoro, dans la Nana-Mambéré, près de 350 personnes ont pris part aux activités organisées à l’occasion de la Journée internationale de la paix. Marquée par une marche populaire, des discours officiels et des prestations artistiques, la célébration a permis de sensibiliser les communautés à l’importance du dialogue et de la coexistence pacifique.
« La paix et la violence sont deux forces antagonistes. La paix construit, la violence détruit », a rappelé la sous-préfète Gbapelet Pokossi James Chantal.
Jasminka Kumbric, cheffe du bureau régional de la MINUSCA, a présenté les résultats d’un projet consacré à la promotion de la culture de la paix et à la réintégration socio-économique des personnes déplacées et des réfugiés de retour dans la Nana-Mambéré et la Mambéré-Kadéï.
Les activités menées ont contribué à renforcer le dialogue communautaire, à favoriser la participation des jeunes aux initiatives de paix et à soutenir la réinsertion des populations affectées par les crises. Au total, 3 311 personnes, dont 1 044 femmes et filles, en ont directement bénéficié dans les deux préfectures.
À Barama, les préoccupations sécuritaires restent présentes
Dans le Mbomou, plusieurs centaines de personnes se sont réunies au village Barama. Dans une région encore confrontée aux attaques et aux enlèvements attribués à des éléments présumés de l’Armée de résistance du Seigneur, la célébration a constitué un moment de mobilisation communautaire autour de la non-violence, du pardon, de la solidarité et du respect des droits humains.
Les préoccupations sécuritaires restent toutefois au cœur du quotidien des populations.
« Aujourd’hui, on célèbre la paix. Pourtant, dans nos deux communes, les cœurs sont brisés à cause de l’enlèvement de nos enfants. Depuis 2009, nous endurons ces attaques et ces enlèvements », a regretté Vianney Bao, maire intérimaire de Vougba-Balifondo.
Face à ces défis, les membres des mécanismes locaux de paix ont appelé chacun à assumer pleinement son rôle dans la préservation de la stabilité.
« Nous devons tous nous engager à construire un avenir fondé sur la justice et l’harmonie sociale », a souligné Patricia Singha, présidente du Comité local de paix et de réconciliation.
La célébration a réuni environ 700 personnes, dont près de 300 femmes.
À Boali, les communautés définissent leurs priorités
Dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko, la ville de Boali a accueilli la célébration nationale de la Journée internationale de la paix, en présence de la sous-préfète Solange Mokolo Mboka et de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine, Valentine Rugwabiza.
La célébration revêtait une signification particulière pour cette localité, touchée par des violences en juillet 2026 qui ont fragilisé la cohésion sociale entre les communautés.
La cérémonie a été l’occasion de présenter les recommandations formulées à l’issue d’un dialogue communautaire ayant réuni 60 leaders locaux. Celles-ci portent notamment sur la sensibilisation au vivre-ensemble et au règlement pacifique des conflits, l’amélioration de la gestion des couloirs de transhumance, la prévention des occupations illégales de terrains, le renforcement des Forces de défense et de sécurité ainsi que la création d’une « Maison de la paix ».
Valentine Rugwabiza a salué une démarche fondée sur la recherche de solutions par les communautés elles-mêmes.
« La paix ne s'impose pas. On discute des vrais problèmes entre les personnes concernées, on trouve des solutions et ce sont ces solutions-là que nous allons soutenir », a-t-elle déclaré.
La sous-préfète de Boali a, pour sa part, insisté sur le rôle de chacun dans la préservation de la paix.
« La paix est une responsabilité collective », a-t-elle indiqué.
À travers ces différentes manifestations, les communautés centrafricaines ont réaffirmé leur volonté de faire de la paix une responsabilité partagée et un engagement quotidien. Autorités, citoyens, organisations locales et partenaires internationaux ont rappelé la nécessité de poursuivre les efforts en faveur d’une société plus stable, plus juste et plus solidaire.
Par Grace NGBALEO
















