MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

La MINUSCA ouvre ses marchés aux entreprises locales centrafricaines

BRIA
UNGM est le portail commun du système des Nations Unies en matière de passation de marchés. Photo / MINUSCA

En République centrafricaine, la MINUSCA forme les opérateurs économiques locaux aux mécanismes de passation de marchés des Nations Unies et leur inscription et accès à United Nation Global Market. La Mission entend favoriser une participation accrue des entreprises locales aux appels d’offres des Nations Unies, contribuant ainsi à la relance économique et au développement du pays, à travers cette formation organisée dans le mois de septembre notamment à Bria, Paoua, Bouar et Kaga-Bandoro.

Placée sous le thème « Comment faire des affaires avec la MINUSCA ? », cette formation simultanée permettra aux opérateurs économiques locaux de savoir saisir les opportunités d'affaires qu'offre l'ONU. Elle vise à encourager leur participation active aux prochaines opportunités d’approvisionnement de la MINUSCA. Organisée par la MINUSCA dans différentes villes, la formation s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des capacités du secteur privé centrafricain.

Au cours de la formation, les participants ont été initiés aux différentes étapes du processus de passation de marchés : publication des appels d’offres, soumission des candidatures, évaluation des propositions et gestion des contrats. Une attention particulière a été accordée à l’inscription sur la plateforme mondiale des fournisseurs des Nations Unies (UNGM), véritable porte d’entrée pour accéder aux opportunités commerciales du système onusien.

A Bria, une trentaine d’opérateurs économiques dont une dizaine de femmes, ont été formés. Cette initiative répond à une attente de longue date. Arsène Anguenze, entrepreneur, s’est félicité de cette ouverture de la MINUSCA vers les opérateurs locaux. « C’est une opportunité importante pour les hommes d’affaires de Bria. Désormais, les entrepreneurs de la région peuvent prétendre aux mêmes marchés que les acteurs extérieurs, ce qui profitera à toute la population », a-t-il souligné.

Même satisfaction du côté de l’entrepreneure Maïka Blanche. Elle estime que l’accompagnement reçu lui permettra désormais de franchir une étape décisive dans le développement de ses activités. « Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’inscription sur la plateforme UNGM. Je suis désormais en mesure de répondre aux appels d’offres des Nations Unies », a-t-elle déclaré.

A Paoua, 32 opérateurs économiques locaux ont participé à la formation. Pour Aladji Aroun, un entrepreneur local, c’est une opportunité de développement économique que la MINUSCA offre aux commerçants de la ville de Paoua. « C’est une première pour nous d’être accueillis par la MINUSCA depuis qu’elle est ici. Nous avons eu à beaucoup travailler ensemble. Mais aujourd’hui, elle nous donne la possibilité de faire des affaires avec elle. Nous avons été formés sur les procédures d’acquisition du marché. Pour cela, il nous faut mettre en ordre nos documents. Nous avons fait des affaires avec les autres Organisations non gouvernementales. C’est nous qui les livrons mais jamais la MINUSCA. Maintenant elle nous offre cette chance ».

Les opérateurs économiques locaux de la ville de Bouar et de Kaga-Bandoro ont aussi suivi cette formation qui se poursuivra dans d’autres villes.

Au-delà des opportunités offertes, les organisateurs ont insisté sur les exigences qui accompagnent les contrats onusiens, notamment en matière de transparence, de conformité administrative et de respect des délais de livraison. Les entrepreneurs ont été encouragés à développer leurs capacités financières et organisationnelles afin de répondre aux standards internationaux requis.

Toutefois, les participants ont également mis en lumière plusieurs défis susceptibles de freiner leur compétitivité. Parmi les principales préoccupations figurent les lourdeurs administratives, l’insécurité persistante ainsi que le mauvais état des infrastructures routières, l’absence d’établissements bancaires notamment à Bria. Selon eux, ces contraintes compliquent l’exécution des contrats et pourraient limiter la capacité des entreprises locales à satisfaire pleinement aux exigences des Nations Unies.

Cette formation marque une étape importante dans le rapprochement entre la MINUSCA et le tissu économique local et renforce l’ambition de faire des entreprises centrafricaines des acteurs incontournables de la commande publique internationale.

Cette démarche répond également aux orientations du Conseil de sécurité des Nations Unies qui, dans la résolution 2800 concernant la MINUSCA, encourage le système onusien à soutenir le développement des entreprises nationales et à promouvoir une croissance économique inclusive grâce à une plus grande implication des fournisseurs locaux dans les marchés des Nations Unies.

 

Noura Oualot