MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Nana-Gribizi : À Badia-Salifou, la MINUSCA et les communautés s’unissent pour une transhumance apaisée

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Légende photo: Badia-Salifou, 23 September 2026 | Herders, farmers, community leaders, and local authorities gather to strengthen dialogue and peaceful coexistence. MINUSCA Photo

Plus de 200 participants — éleveurs, agriculteurs, leaders communautaires et autorités locales — se sont réunis le mercredi 23 septembre 2026 à Badia-Salifou, une localité située à une trentaine de kilomètres de Kaga-Bandoro. Organisée par la section des Affaires civiles de la MINUSCA, cette rencontre d'information marque un tournant décisif vers la prévention des conflits et le renforcement de la cohésion sociale à l'approche de la nouvelle saison de transhumance.

Pendant longtemps, la zone de Badia-Salifou a été le théâtre de vives tensions. Les destructions de cultures et les vols de bétail avaient progressivement instauré un climat de méfiance et de peur au sein des populations. L'un des premiers impacts majeurs de cette journée de dialogue a été de rompre l'isolement des communautés et de libérer la parole sur des traumatismes quotidiens, permettant ainsi de libérer les esprits et de redonner confiance aux acteurs locaux. Zita, agricultrice locale, témoigne de cette réalité : « Les problèmes que nous avons eus avec la transhumance par le passé ont fait que, lorsque nous allions au champ, nous travaillions dans la peur. »

De la logique de représailles au retour de l'État de droit

L'initiative a également permis un changement de posture fondamental face aux cycles de vengeance. En réunissant l'ensemble des acteurs autour d'une même table, la rencontre a favorisé une prise de conscience collective : la violence ne peut plus servir de justice. Pour Richard, participant à la réunion, le retour à des mécanismes institutionnels demeure la seule voie durable. « Avant, ce n’était pas comme ça. Lorsqu’un éleveur attrapait un voleur, il l’amenait aux autorités. On le mettait en prison pour servir de leçon aux autres au lieu de le tuer. Nous n’aimons plus cela. Nous voulons une transhumance apaisée cette année », affirme-t-il.

Un avis pleinement partagé par les autorités coutumières, qui voient dans cette sensibilisation un outil concret de pacification durable. Ngate Daniel, chef du village Badia 3, insiste sur l'importance de cette dynamique : « Nous ne voulons plus que la population aille voler les bœufs des Peuls, ni que les Peuls détruisent nos champs. C’est pourquoi nous poursuivons ces activités de sensibilisation. »

Des solutions concrètes et un pacte de confiance renouvelé

Au-delà des échanges, cette initiative génère des retombées opérationnelles directes pour la sécurité des habitants de la Nana-Gribizi. Les participants ont notamment réclamé le respect et la délimitation stricte des couloirs de transhumance, une mesure clé appuyée par Severin Djonigba, chef du village Badia, pour éviter tout chevauchement entre zones agricoles et zones de pâturage. Parallèlement, le recueil d'informations de terrain permet à la MINUSCA et aux acteurs locaux d'anticiper les points de friction avant qu'ils ne dégénèrent.

Fred Bitindji, Assistant aux Affaires civiles de la MINUSCA, soulève l'importance stratégique de cette démarche préventive : « Nous avons choisi cet axe pour analyser et collecter des informations avec la communauté en vue de la prochaine transhumance. Cela nous permet de préparer ensemble des actions concrètes pour prévenir les violences, les destructions de champs et les vols de bétail, qui sont les causes principales des tensions. »

En faisant primer la concertation sur la confrontation, cette intervention de la MINUSCA laisse une empreinte durable en posant les bases d'un dialogue permanent entre agriculteurs et éleveurs. Grâce à l'engagement ferme des autorités locales et des populations à maintenir ce canal de communication ouvert, la Nana-Gribizi s'arme d'outils solides pour transformer la saison de transhumance 2026 en une opportunité de cohabitation harmonieuse.