Dans la préfecture de la Mambere-Kadeï, à l’ouest de la République centrafricaine, l’Unité sénégalaise de police constituée de la MINUSCA mène quotidiennement des patrouilles motorisées et pédestres, des missions de sécurisation ainsi que des activités de sensibilisation auprès des communautés. Ces actions visent à protéger les civils, prévenir les conflits et renforcer la cohésion sociale dans une région où des défis sécuritaires persistent sur certains axes. À travers cette présence de proximité, les Casques bleus sénégalais contribuent au maintien d’un climat relativement apaisé et au renforcement du vivre-ensemble.
Bien que la situation sécuritaire demeure globalement calme dans la localité, une insécurité persistante est signalée sur l’axe Berbérati-Sosso-Nakombo, particulièrement dans la zone de Benewayo, où des incidents ciblant des éleveurs et des commerçants continuent d’être rapportés.
Face à cette situation, les Casques bleus maintiennent une présence renforcée à travers des patrouilles quotidiennes sur les principaux axes routiers reliant Berbérati à Carnot, Sosso-Nakombo, Nola et Gamboula. Ces opérations visent à rassurer les populations, sécuriser les déplacements et entretenir un contact permanent avec les communautés.
Des patrouilles au service de la paix
Pour le commandant de cette Unité de police, le lieutenant-colonel Dieye Ndongo, ces patrouilles constituent un outil essentiel dans les efforts de consolidation de la paix. « La paix se construit au contact des populations. Nos patrouilles quotidiennes nous permettent d’être à l’écoute des préoccupations des communautés, de prévenir les tensions avant qu’elles ne dégénèrent et de rassurer les populations sur la présence constante de la MINUSCA à leurs côtés. En cette Journée internationale de la paix, nous réaffirmons notre engagement à œuvrer pour la sécurité, le dialogue et le vivre-ensemble dans toutes les localités sous notre responsabilité », affirme-t-il.
Les habitants de la région témoignent également de l’impact positif de ces interventions.
À Benewayo, Jean-Marie Mbassa, commerçant, souligne l’amélioration du climat sécuritaire : « Avant, nous hésitions souvent à nous rendre au marché à cause des rumeurs d’insécurité sur la route. Depuis le passage régulier des patrouilles et les séances de sensibilisation, nous nous sentons davantage rassurés. Les échanges avec les forces de sécurité nous permettent aussi de signaler rapidement les incidents ».
À Dabéré, sur l’axe Berbérati-Carnot, François Ngbalé, transporteur, met en avant les retombées positives de cette présence. « La présence régulière des patrouilles est très appréciée par les commerçants et les transporteurs. Elle favorise les déplacements et renforce le sentiment de sécurité pour les activités économiques le long de l’axe », explique-t-il.
Même constat pour Moussa, commerçant sur l’axe Berbérati-Sosso-Nakombo. « Avant, nous avions peur de nous déplacer sur certains tronçons. Aujourd’hui, grâce aux patrouilles régulières de la MINUSCA, nous nous sentons davantage en sécurité pour exercer nos activités commerciales et nous rendre dans les villages voisins », témoigne-t-il.
Sensibiliser pour prévenir les conflits
Au-delà des missions de sécurisation, les policiers de la MINUSCA profitent de leurs patrouilles motorisées et pédestres pour mener des séances de sensibilisation sur plusieurs thématiques, notamment les violences basées sur le genre, la paix et le vivre-ensemble ainsi que le règlement pacifique des crises liées à la transhumance.
Dans la zone de Gamboula et sur l’axe Berbérati-Nola, ces initiatives favorisent la cohésion sociale et contribuent à l’atténuation des tensions communautaires.
Marie-Thérèse Dongo, présidente d’une association féminine à Batouri-Danzé, salue les résultats obtenus. « Les activités de sensibilisation sur les violences basées sur le genre ont permis aux habitants de mieux connaître leurs droits et les mécanismes de protection disponibles. Cela contribue à instaurer un climat de confiance au sein de la communauté », estime-t-elle.
À Gbagonbo, Marie met en avant les efforts de prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs. « Les policiers de la MINUSCA viennent souvent échanger avec nous. Ils nous encouragent à dialoguer et à respecter les couloirs de passage du bétail. Cela aide à éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs », a-t-elle dit.
Un avis partagé par Pauline Yambéré, agricultrice à Barka Basso, sur l’axe Berbérati-Nola. « Les conflits entre agriculteurs et éleveurs ont longtemps affecté la cohésion de nos communautés. Les sensibilisations menées par la MINUSCA nous aident à mieux comprendre l’importance du dialogue et du respect des couloirs de transhumance », a-t-elle confié.
Cet engagement quotidien contribue à renforcer la protection des civils, à prévenir les conflits et à promouvoir une paix durable dans l’ouest de la République centrafricaine, conformément au mandat de la MINUSCA et aux aspirations des communautés locales à vivre dans un environnement sûr et stable.
Par Bouna Cherif Fofana/Police MINUSCA












