MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Dans l’ouest de la RCA, la MINUSCA évalue les besoins communautaires pour renforcer la résilience des communautés

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Baboua-RCA, remise de kits de saponification Dramane DARAVE

Identifier les besoins prioritaires des populations afin de mieux accompagner le relèvement des communautés. Tel est l’objectif de la mission d’évaluation conduite par la MINUSCA les 23 et 24 septembre à Ndongue Douane et Péhouri, dans l’ouest de la République centrafricaine. Dans le cadre de son programme de Réduction des Violences Communautaires (CVR), la Mission prépare de futures interventions destinées à renforcer la résilience des communautés à l’issue des processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR). La mission a également permis de soutenir l’autonomisation économique des femmes à Baboua à travers un appui à un groupement bénéficiaire du programme.

 

À Baboua, la fabrication artisanale de savon est devenue une source de revenus pour un groupement de dix femmes formées aux techniques de saponification dans le cadre du programme CVR de la MINUSCA. À travers cette activité, les bénéficiaires renforcent leur autonomie économique tout en contribuant à la cohésion sociale au sein de leur communauté.

Chaque semaine, le groupement produit en moyenne 28 savons vendus sur le marché local. Les recettes sont versées dans une caisse commune destinée à soutenir les activités du groupe et à consolider la solidarité entre ses membres.

« Malgré notre engagement, nous faisons face à des difficultés importantes, notamment pour nous procurer les matières premières indispensables à la fabrication du savon. L’huile de palme et la soude caustique sont particulièrement difficiles à trouver dans la région », explique Patricia Mozanga, membre du groupement.

Pour soutenir cette initiative génératrice de revenus, la MINUSCA a remis sept sacs de soude caustique ainsi que trois bidons d’huile de palme de 25 litres chacun. Un appui qui permettra aux bénéficiaires d’augmenter leur production et de pérenniser leur activité.

« La vente du savon sur le marché local contribue davantage à l’autonomisation économique des femmes », ajoute Patricia Mozanga.

 

Éducation, santé et infrastructures parmi les besoins prioritaires à Péhouri et Ndongue Douane

À Péhouri, dans la sous-préfecture de Baboua, les consultations menées avec les représentants de la communauté ont permis d’identifier plusieurs besoins prioritaires. La construction d’une école figure au premier rang des attentes exprimées par les habitants. Selon eux, l’absence d’infrastructures scolaires compromet l’accès des enfants à l’éducation.

« Le village n’en dispose pas actuellement, ce qui contraint les enfants à rester sans encadrement scolaire adapté. Pour les habitants, l’éducation constitue un investissement essentiel pour l’avenir de la communauté », souligne Mbengue Arkaye Élisée, agent de santé communautaire.

Les habitants ont également plaidé pour la construction d’un dispensaire, estimant que l’accès aux soins demeure l’un des défis majeurs de la localité. Autre préoccupation soulevée lors des échanges : le mauvais état des routes, qui limite les déplacements des populations et complique l’accès aux services sociaux de base.

Les consultations communautaires organisées à Ndongue Douane ont également mis en lumière d’importants besoins dans les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures de base et de l’insertion socioéconomique des jeunes.

À Ndongue Douane, les difficultés du secteur éducatif figurent parmi les préoccupations majeures des habitants. Jean-Claude, parent d’élève et président du comité de gestion du centre de santé, souligne notamment le manque de tables-bancs dans l’école de la localité. À cette insuffisance s’ajoute un déficit d’enseignants qui affecte le fonctionnement normal de l’établissement.

Dans le domaine de la santé, les habitants reconnaissent les efforts consentis pour maintenir le centre de santé opérationnel. Ils déplorent toutefois des ruptures fréquentes de médicaments et un manque de personnel qualifié pour répondre aux besoins de la population.

L’enclavement de la localité reste également une préoccupation majeure. Selon les communautés, la dégradation avancée de la route a fortement réduit la circulation des véhicules, compliquant aussi bien l’approvisionnement des villages que l’accès aux services essentiels.

Les informations recueillies à Péhouri et à Ndongue Douane permettront d’orienter les futures interventions du programme de CVR. À travers cette démarche participative, la MINUSCA contribue au renforcement de la résilience communautaire, de la cohésion sociale et de la paix durable.

Par Dramane Daravé