Une trentaine d’opérateurs économiques de Bria, dont une dizaine de femmes, ont été formés aux mécanismes de passation de marchés des Nations Unies lors d’un séminaire organisé par la MINUSCA. L’objectif : permettre aux entrepreneurs locaux de mieux comprendre les procédures d’acquisition de biens et services de l’ONU et accroître leurs chances de remporter des contrats.
Placée sous le thème « Comment faire des affaires avec la MINUSCA ? », cette rencontre s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des capacités du secteur privé centrafricain. À travers cette initiative, la Mission entend favoriser une participation accrue des entreprises locales aux appels d’offres des Nations Unies, contribuant ainsi à la relance économique et au développement du pays.
Cette démarche répond également aux orientations du Conseil de sécurité des Nations Unies qui, dans la résolution 2800 concernant la MINUSCA, encourage le système onusien à soutenir le développement des entreprises nationales et à promouvoir une croissance économique inclusive grâce à une plus grande implication des fournisseurs locaux dans les marchés des Nations Unies.
Au cours de la formation, les participants ont été initiés aux différentes étapes du processus de passation de marchés : publication des appels d’offres, soumission des candidatures, évaluation des propositions et gestion des contrats. Une attention particulière a été accordée à l’inscription sur la plateforme mondiale des fournisseurs des Nations Unies (UNGM), véritable porte d’entrée pour accéder aux opportunités commerciales du système onusien.
Pour plusieurs participants, cette initiative répond à une attente de longue date. Arsène Anguenze, entrepreneur, s’est félicité de cette ouverture de la MINUSCA vers les opérateurs locaux. « C’est une opportunité importante pour les hommes d’affaires de Bria. Désormais, les entrepreneurs de la région peuvent prétendre aux mêmes marchés que les acteurs extérieurs, ce qui profitera à toute la population », a-t-il souligné.
Même satisfaction du côté de l’entrepreneure Maïka Blanche. Elle estime que l’accompagnement reçu lui permettra désormais de franchir une étape décisive dans le développement de ses activités. « Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’inscription sur la plateforme UNGM. Je suis désormais en mesure de répondre aux appels d’offres des Nations Unies », a-t-elle déclaré.
Au-delà des opportunités offertes, les organisateurs ont insisté sur les exigences qui accompagnent les contrats onusiens, notamment en matière de transparence, de conformité administrative et de respect des délais de livraison. Les entrepreneurs ont été encouragés à développer leurs capacités financières et organisationnelles afin de répondre aux standards internationaux requis.
Toutefois, les participants ont également mis en lumière plusieurs défis susceptibles de freiner leur compétitivité. Parmi les principales préoccupations figurent l’absence d’établissements bancaires à Bria, les lourdeurs administratives, l’insécurité persistante ainsi que le mauvais état des infrastructures routières. Selon eux, ces contraintes compliquent l’exécution des contrats et pourraient limiter la capacité des entreprises locales à satisfaire pleinement aux exigences des Nations Unies.
Malgré ces obstacles, ce séminaire marque une étape importante dans le rapprochement entre la MINUSCA et le tissu économique local. En donnant aux entrepreneurs de Bria les outils nécessaires pour accéder aux marchés internationaux, l’initiative ouvre de nouvelles perspectives pour le développement économique de la Haute-Kotto et renforce l’ambition de faire des entreprises centrafricaines des acteurs incontournables de la commande publique internationale.
Didier Parfait Bapidi-Mbon
















