Lors du cycle électoral 2025-2026 en République centrafricaine, la participation des femmes à l’inscription sur les listes électorales est presque égale à celle des hommes, ce qui indique que l’accès au vote n’est plus le principal obstacle. À Mbollo Kpata, le conseil municipal nouvellement élu est paritaire. Les inégalités persistent principalement lors des candidatures et des élections, notamment dans les scrutins individuels. En revanche, l’application de règles de parité garantit un équilibre entre les femmes et les hommes.
La mairie de Mbollo-Kpata compte quatre femmes et quatre hommes, illustrant la parité recherchée par les autorités centrafricaines. Nicole MOUSSA, première adjointe au maire, explique : « Ce qui m’a poussée à devenir première adjointe au maire, c’est ce qui se passe dans ma localité. Ici, il y a beaucoup de bonnes choses, mais personne pour les gérer. C’est pour cela que j’ai décidé de devenir maire, afin de porter à la connaissance de l’État les difficultés de notre localité, pour qu’il puisse nous venir en aide. Les autres localités sont en avance par rapport à la commune de Gbollo Kpata ».
Le maire Benjamin Mawada se félicite de la parité au sein du conseil municipal de Gbollo Kpata et souligne l’importance de la participation des femmes à la gestion publique. « Lors des élections dans la commune de Gbollo Kpata, quatre femmes et quatre hommes sont représentés. C’est une manière pour nous d’inciter les femmes à s’intéresser aux affaires de la cité. On ne retrouve pas cette pratique dans d’autres préfectures, mais chez nous, on encourage les femmes à s’intéresser à la gestion de la cité », explique-t-il.
Cependant, la situation à Mbollo-Kpata contraste avec celle de nombreux autres scrutins du cycle électoral 2025-2026, où les femmes demeurent peu représentées parmi les candidates et les élues.
Une quasi-parité parmi les électeurs, mais non reflétée dans les candidatures
En République centrafricaine, les femmes représentent près de la moitié des électeurs, ce qui confirme leur participation active dès l’inscription. Toutefois, elles restent nettement moins nombreuses parmi les candidates. Le principal défi n’est donc plus la mobilisation, mais l’accès aux candidatures.
À l’élection présidentielle, aucune femme ne figure parmi les sept candidats. Aux législatives, seules 86 femmes sur 687 candidats (12,5 %) se présentent, et aux régionales, 22 sur 226 (9,73 %). Cette diminution significative indique que l’accès des femmes à la compétition électorale reste limité, notamment dans les scrutins individuels.
La situation évolue lors des élections municipales : grâce au système de liste paritaire zébrée, les femmes représentent 1 947 des 4 244 candidats, soit 45,87 %. Ce résultat, proche de la parité observée à l’inscription, démontre que des règles électorales inclusives favorisent la participation des femmes.
Plus il y a de femmes candidates, plus il y a de femmes élues.
Les résultats électoraux reflètent la tendance observée dans les candidatures. Aux législatives, les femmes obtiennent 14 sièges sur 139 (10,07 %), et aux régionales, 19 sur 180 (10,55 %). Aux municipales, 806 femmes sont élues parmi 1 778 conseillers municipaux, soit 45,33 %.
Ces chiffres confirment que la réussite des femmes augmente avec leur niveau de participation. La différence entre les types d’élections est nette : leur part reste autour de 10 % aux élections législatives et régionales, mais dépasse 45 % aux élections municipales.
Les données du cycle électoral 2025-2026 montrent que le mode de scrutin influence directement la participation et la représentation des femmes.
Le principal enjeu n'est plus l'inscription, mais l'accès aux candidatures.
L’écart est marqué : les femmes représentent 48 % des électeurs inscrits, mais seulement 12,5 % des candidats aux législatives et 9,73 % aux régionales. En revanche, avec des règles de parité, elles atteignent 45,87 % des candidatures et 45,33 % des sièges municipaux.
Le cycle électoral 2025-2026 confirme que l’accès des femmes au droit de vote est largement acquis en RCA. Le principal défi reste l’accès aux candidatures et aux postes électifs, en particulier dans les scrutins uninominaux sans règles de parité.
À Mbollo-Kpata, la présence de quatre femmes et quatre hommes au conseil municipal illustre l’impact positif des règles de parité. Cet exemple démontre qu’une représentation équilibrée est possible lorsque les conditions sont réunies.
Malgré ces avancées, la nouvelle équipe de Mbollo Kpata, l’une des trois communes de la préfecture de Bamingui-Bangoran, fait face à de grands défis. La localité compte dix mille habitants, qui manquent notamment d’eau potable et d’activités génératrices de revenus.










