Après dix années passées en détention à la Maison d’arrêt et de correction pour femmes de Bimbo, une ancienne détenue de 42 ans a retrouvé la liberté le 8 octobre 2026 grâce à une remise de peine accordée dans le cadre de la grâce présidentielle de décembre 2025. Accompagnée par l’administration pénitentiaire avec l’appui de la MINUSCA, elle entame une nouvelle étape de sa vie placée sous le signe de la réinsertion sociale et économique.
Les lourdes portes de la Maison d’arrêt et de correction pour femmes de Bimbo s’ouvrent lentement. Derrière elles apparaît une femme de 42 ans que nous appellerons « Amandine » afin de préserver son anonymat.
Admise dans cet établissement le 6 octobre 2016 pour homicide volontaire, elle avait été condamnée à quinze ans de réclusion criminelle. Grâce à une remise de peine accordée dans le cadre de la grâce présidentielle de décembre 2025, elle retrouve aujourd’hui la liberté.
Pour Amandine, cette sortie représente bien plus qu’une simple libération. C’est le début d’un nouveau combat : celui de la réinsertion sociale et économique.
Pendant son séjour carcéral, elle a participé à plusieurs formations professionnelles organisées dans le cadre de projets soutenus par la MINUSCA. De la fabrication de savon à la couture, en passant par la transformation artisanale des fruits et légumes, elle a acquis des compétences susceptibles de constituer les bases de son autonomie financière une fois réintégrée dans la société.
Mais la réinsertion ne se limite pas à l’apprentissage d’un métier. Elle implique également un accompagnement psychologique, social et communautaire afin de faciliter le retour à la vie civile. Les autorités pénitentiaires et leurs partenaires entendent ainsi réduire les risques d’exclusion et favoriser une réintégration durable.
Amandine témoigne sa reconnaissance pour les formations reçues et partage son espoir pour l’avenir. « Je remercie tous ceux qui m’ont accompagnée pendant ma période de détention, la MINUSCA qui m’a permis d’apprendre des métiers ici et ma famille qui m’a soutenue pendant cette période difficile, car être en détention n’a pas été facile. J’ai appris la couture, la saponification et je garde espoir d’avoir les moyens nécessaires pour en faire un métier », a-t-elle dit.
Pour les responsables de l’établissement pénitentiaire, chaque libération réussie est le résultat d’un travail de longue haleine entrepris dès les premiers jours de détention.
Clotilde Ndordama, régisseuse de la Maison d’arrêt et de correction pour femmes de Bimbo, précise les actions menées avant la libération de la détenue : « Pour sa réinsertion, nous avons préparé sa sortie avec l’équipe du service social, qui s’est rendue sur le terrain pour évaluer les conditions dans lesquelles elle pourrait quitter l’établissement. Il lui sera impossible de regagner sa première résidence. Nous avons donc échangé avec sa famille afin de préparer son retour au sein de la communauté ».
Au-delà de ce parcours individuel, cette sortie met en lumière le travail quotidien mené pour renforcer le système pénitentiaire centrafricain et promouvoir une justice davantage tournée vers la réhabilitation.
Aux côtés de l’administration pénitentiaire, les experts des affaires pénitentiaires de la MINUSCA accompagnent le développement de programmes destinés à préparer les détenus à retrouver une vie productive et respectueuse des lois après leur libération.
Komlan Midotepe, expert pénitentiaire de la MINUSCA en colocation à la Maison d’arrêt et de correction pour femmes de Bimbo, explique l’importance de la préparation de la réinsertion sociale dès le séjour en détention. « L’une des missions principales de la prison aujourd’hui est la réinsertion sociale. Elle ne se limite plus à la seule exécution de la peine. Il faut permettre aux détenus, après leur détention, de retrouver une situation familiale et économique qui les aide à ne plus retomber dans les travers qui les ont conduits en prison. C’est dans cette optique que la détenue qui sort aujourd’hui a été formée à travers plusieurs projets mis en œuvre par la MINUSCA », a-t-il affirmé.
Pour Amandine, les portes de la prison se referment aujourd’hui définitivement. Devant elle s’ouvre désormais le chemin de la reconstruction. Son histoire rappelle que la réinsertion constitue une étape essentielle du processus judiciaire et que, derrière chaque libération, se joue aussi le défi de redonner une place à celles et ceux qui aspirent à recommencer leur vie.
Ingrid Josette Souembot née Sandanga












