L'une est officier de marine, l'autre ingénieure de formation devenue militaire. Toutes deux sont photographes au sein de la Force de la MINUSCA. En République centrafricaine, le Lieutenant One Mirtha Asa Prasena et le Sergent Zahra Amalia Nurhidayati partagent une même mission : capturer en images les efforts de paix, les gestes de solidarité et la résilience des populations. Derrière leurs appareils photo, deux parcours différents se rejoignent autour d'une même conviction : l'image peut être un puissant vecteur de paix.
Chaque jour, leurs clichés documentent l'action des Casques bleus sur le terrain. Mais au-delà de la simple documentation, leurs photographies racontent des histoires. Celles de communautés qui reconstruisent leur avenir, de soldats qui tissent des liens avec les populations et d'une paix qui se construit pas à pas.
Pour le Lieutenant One Mirtha Asa Prasena, la photographie est devenue une passion au fil de sa carrière militaire. Diplômée de l'Académie navale indonésienne en 2019, elle a découvert dans ses différentes missions une multitude de visages, de paysages et de récits qui ont progressivement façonné son regard. « Au fil de mes missions, j'ai rencontré des lieux, des personnes et des histoires qui ont éveillé ma passion pour la photographie. L'appareil photo est devenu bien plus qu'un simple outil : il me permet de raconter des histoires, de transmettre des émotions et de préserver la mémoire de moments précieux », explique-t-elle.
Le Sergent Zahra Amalia Nurhidayati a suivi un chemin différent. Après ses études secondaires, elle se destine d'abord au génie civil à l'Université Tidar, en Indonésie. Pourtant, son ambition de devenir militaire ne faiblit jamais. En 2022, elle rejoint finalement l'Armée de terre indonésienne avant de découvrir la photographie dans le cadre de ses fonctions en information publique.
« Ce qui était au départ une mission professionnelle est progressivement devenue une véritable passion. J'ai compris que la photographie pouvait raconter des histoires, transmettre des émotions et témoigner des réalités vécues sur le terrain », confie-t-elle.
Si leurs parcours diffèrent, leur regard sur la Centrafrique se rejoint. Toutes deux disent avoir été marquées par la force et la résilience des populations centrafricaines. « Ce qui m'inspire le plus chez les Centrafricains, c'est leur capacité à garder espoir malgré les difficultés », souligne le Lieutenant Mirtha Asa Prasena. À travers leurs objectifs, elles cherchent à mettre en lumière cette résilience souvent invisible. Une femme qui reprend une activité génératrice de revenus, des enfants retournant à l'école, un échange chaleureux entre Casques bleus et habitants : autant d'instants qui, selon elles, illustrent concrètement les dividendes de la paix.
Pour les deux militaires, la photographie constitue également un outil de sensibilisation. Elle permet de montrer la réalité du terrain tout en valorisant les efforts déployés pour la consolidation de la paix. « La photographie permet de raconter les histoires des communautés avec humanité », estime le Lieutenant Mirtha Asa Prasena. Une conviction que partage le Sergent Zahra Amalia Nurhidayati. Selon elle, certaines images révèlent mieux que les mots la dimension humaine des opérations de paix. « Lorsqu'un Casque bleu échange avec des membres de la communauté, leur sourit ou leur témoigne simplement de l'attention, on perçoit toute la portée humaine d'une mission de paix », explique-t-elle.
Cette capacité à saisir l'instant fait aujourd'hui partie intégrante de leur engagement au sein de la MINUSCA. D'un côté comme de l'autre, l'appareil photo est devenu un moyen de rapprocher les populations de l'action de la Mission et de préserver la mémoire de moments qui témoignent de l'évolution du pays.
Au fond, le Lieutenant One Mirtha Asa Prasena et le Sergent Zahra Amalia Nurhidayati partagent plus qu'une passion pour la photographie. Elles portent un même regard sur leur mission, celui d'observatrices engagées qui utilisent l'image pour raconter la paix, valoriser l'engagement des Casques bleus et donner un visage à l'espoir. Leurs photographies rappellent qu'en République centrafricaine comme partout ailleurs, la paix ne se résume pas à l'absence de conflit. Elle se lit aussi dans les sourires, les rencontres et les gestes de solidarité qu'elles capturent chaque jour à travers leurs objectifs.
Noura Oualot et Oscar Manirakiza





