MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Lobaye : dialogue et planification pour une meilleure gestion de la transhumance

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Dans la Lobaye, où la transhumance reste un enjeu majeur pour la coexistence pacifique entre agriculteurs et éleveurs, 40 participants issus de Bangui-Fleuve et des sous-préfectures de la Lobaye ont pris part les 5 et 6 octobre 2026 à un atelier préfectoral d’évaluation et de planification organisé avec l’appui de la MINUSCA. La rencontre visait à dresser le bilan de la campagne de transhumance 2025-2026, à identifier les défis, les opportunités et les perspectives, ainsi qu’à élaborer un plan d’action conjoint pour promouvoir une transhumance plus apaisée.

Chaque année, cette préfecture de la région des Plateaux, au sud-ouest de la République centrafricaine, accueille des milliers de transhumants et leurs troupeaux. Toutefois, l’occupation anarchique des couloirs de transhumance, la destruction des cultures, les vols de bétail et l’insécurité continuent d’alimenter les tensions.

Pour Bethseba Kanibia, cheffe de service du ministère de l’Élevage et de la Santé animale de la Lobaye, c’est la hausse du flux de transhumance à M’Baïki qui a suscité la réticence de la population locale. « La cohabitation a été très difficile au début parce que la population hôte sait que M’Baïki n'est pas une zone d'élevage et l'entrée des éleveurs en transhumance a beaucoup causé des dégâts, des peurs au sein de la population », a-t-elle affirmé.

Pendant les échanges, les parties prenantes ont mis l’accent sur l’importance de la sensibilisation, du dialogue intercommunautaire et de la prévention des conflits à la base.

« L’an passé, beaucoup de troupeaux de bœufs sont arrivés ici. Il n’y a pas vraiment eu de conflits, à l’exception de quelques dégâts mineurs qui n’ont pas engendré de tensions. Toutefois, en cas de conflit, les parties prenantes rencontrent le chef de quartier. Dans les cas les plus difficiles, je fais intervenir les forces de sécurité intérieure afin de résoudre pacifiquement le problème », s’est exprimé Ousmane Waramote, représentant des éleveurs de la commune de Pissa.

Dans ses propos, Bienvenu Moreno, président de la transhumance de M’Baïki, a assuré que le tracé du couloir de transhumance contribuerait grandement à la réduction des conflits : « Pour réduire les conflits liés à la transhumance, il est essentiel que le Gouvernement aménage des couloirs de transhumance. En l’absence de ces couloirs, les troupeaux risquent d’empiéter sur les champs des agriculteurs et de les endommager, ce qui peut engendrer des tensions susceptibles de dégénérer en conflits ».

Pour Roméo Wilfried Ngbanda, assistant de liaison communautaire à la MINUSCA, cette initiative trouve son importance dans sa contribution à l’amélioration de la transhumance. « L’importance de cet atelier se trouve dans l’évaluation faite par les acteurs mêmes de la transhumance qui peuvent nous dire au mieux quelles sont les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Comment ça peut nous aider au niveau du ministère de l’Élevage et de la Santé animale en partenariat avec la MINUSCA pour voir comment on peut contribuer à mieux améliorer la transhumance », a-t-il affirmé.

Commencés à Boali le 1er octobre 2026, ces ateliers de diagnostic des dynamiques de la transhumance 2025-2026 et de préparation de la campagne 2026-2027 se poursuivront dans toutes les régions de la République centrafricaine impliquées dans la transhumance.

 

Ingrid Josette Sopuembot née Sandanga