Prévenir les conflits entre agriculteurs et éleveurs et mieux préparer la prochaine saison de transhumance. C’est l’objectif de l’atelier préfectoral qui a réuni, les 9 et 10 octobre 2026 à Kaga-Bandoro, 54 participants, dont six femmes, représentant les autorités locales, les agriculteurs, les éleveurs, les services techniques de l’État, les forces de défense et de sécurité ainsi que les partenaires du secteur. Organisée avec l’appui de la MINUSCA, cette rencontre a permis d’analyser les défis rencontrés au cours de la campagne 2025-2026 et d’identifier les mesures à mettre en œuvre pour une saison 2026-2027 plus apaisée.
Pour les autorités locales, cette rencontre intervient à un moment opportun pour anticiper la prochaine saison de transhumance. Guétigaza Honoré, président des coopératives de Kaga, salue l’organisation de l’atelier qui, selon lui, contribue à prévenir les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Lors des échanges, les différents acteurs, notamment les autorités locales, les agriculteurs, les éleveurs, les services techniques de l’État, les forces de défense et de sécurité ainsi que les partenaires du secteur, ont appelé au respect des couloirs de transhumance et au renforcement de la lutte contre l’impunité.
Mahamat Sabo, responsable de la Fédération nationale des éleveurs centrafricains à Ouandago, insiste sur l’application des règles et la nécessité de sanctionner les auteurs d’actes criminels : « La transhumance de l'année dernière ne s'est pas bien passée. Il y a eu trop de vols. Cette année, nous voulons une entente entre nous et zéro impunité pour les voleurs ».
Le juge d’instruction près le tribunal de Kaga-Bandoro, Josaphat Sylvestre Dorohimi, estime également qu’un accent particulier doit être mis sur la lutte contre l’impunité. « Parce que si nous ne faisons pas attention, la situation risque de dégénérer sur un autre terrain. Lorsqu'il y a un fait qui touche à l'ordre public, nous sommes là pour accompagner, assister et sanctionner ceux qui vont à l'encontre de la loi », a-t-il affirmé.
À l’issue de la rencontre, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment la sécurisation des couloirs de transhumance et le suivi du plan de travail adopté. Dieudonné Guemgo, sous-préfet de Nana-Outa, s’est engagé à veiller à leur mise en œuvre. « Il y a des recommandations et un calendrier à respecter. En tant qu'autorité administrative, je vais suivre le chronogramme que nous avons établi », a-t-il annoncé.
La MINUSCA entend également poursuivre son soutien aux initiatives locales visant à renforcer la gestion harmonieuse de la transhumance.
« D’autres actions sont prévues, notamment un accompagnement technique ainsi qu'un soutien en matériel et en équipements. Nous continuerons à apporter ce soutien dans la mesure de nos possibilités », a indiqué Daniel Jean Jackson, chef de la Section des affaires civiles de la MINUSCA.
À Kaga-Bandoro, les acteurs misent désormais sur des actions concrètes pour faire de la prochaine campagne de transhumance un modèle de cohabitation pacifique dans la Nana-Gribizi. Une dynamique soutenue par la MINUSCA, à travers sa Section des affaires civiles, en collaboration avec les autorités locales.
Merveille-Noella Mada et Noura Oualot





