Vingt acteurs locaux de Bangassou, dans la préfecture du Mbomou, au sud-est de la RCA, se sont engagés à promouvoir une approche fondée sur les droits de l’homme dans les initiatives locales de développement durable et de consolidation de la paix. Cet engagement a été pris à l’issue d’un atelier sur l’Approche Basée sur les Droits de l’Homme (ABDH), organisé par le Forum local des droits de l’homme avec l’appui de la MINUSCA. L’activité visait à renforcer les capacités des participants afin qu’ils intègrent davantage les droits humains dans la planification du développement, la prise de décision et les mécanismes de prévention des conflits.
Cette rencontre tenue les 14 et 15 octobre 2026, visait également à favoriser l’implication active des participants dans la promotion des droits fondamentaux et la consolidation de la paix au niveau communautaire.
Selon Magloire Agoua, coordonnateur de la Section Droits de l’Homme de la MINUSCA, cette formation doit permettre aux participants de devenir des acteurs de changement au sein de leurs communautés. « À la fin de cet atelier, ils doivent être capables d’influencer les planifications au niveau local pour tout ce qui relève des différents aspects de la vie sociale, notamment en ce qui concerne la prise en charge des personnes les plus vulnérables », a-t-il expliqué.
La formation s’adressait notamment aux membres du Comité préfectoral de mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, du Comité local de paix et de réconciliation, du Forum local des droits de l’homme, des organisations de la société civile ainsi qu’aux leaders communautaires.
Durant les deux jours d’échanges, les participants ont été sensibilisés à leur rôle dans la promotion des droits humains, la prévention et la gestion pacifique des conflits, ainsi qu’à leur responsabilité dans l’identification des facteurs susceptibles d’alimenter les tensions au sein des communautés.
Les discussions ont également mis en évidence les nombreux défis auxquels les populations restent confrontées. Malgré les efforts de sensibilisation déjà menés, une partie de la population continue de méconnaître ses droits fondamentaux. Les participants ont relevé un accès encore limité aux services sociaux de base et aux opportunités de développement, notamment pour les groupes les plus vulnérables, qui demeurent insuffisamment représentés dans les processus de décision.
Un état des lieux de la situation des droits de l’homme dans la région a également été présenté. Si des avancées sont observées à Bangassou, notamment en matière de protection des civils, des préoccupations subsistent concernant certains comportements signalés au niveau des barrières de contrôle, dans le traitement des dossiers judiciaires ainsi que dans la prise en charge des personnes gardées à vue ou détenues.
Pour Berth Fenengai, participante à l’atelier, l’intégration de l’ABDH dans toutes les initiatives communautaires constitue désormais une nécessité. « Tout ce que nous ferons comme activités dans les jours à venir doit inclure automatiquement cette notion d’ABDH pour le développement de notre localité. C’est une excellente formation qui a renforcé mes connaissances. Dans toutes mes actions de sensibilisation, je veillerai à prendre en compte cette approche en impliquant toutes les couches de la société », a-t-elle indiqué.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent contribuer au renforcement de la cohésion sociale, à l’amélioration de la gouvernance locale et à la consolidation durable de la paix dans la préfecture du Mbomou. Pour les participants, l’intégration systématique de l’approche basée sur les droits de l’homme dans les projets communautaires apparaît désormais comme un levier essentiel pour prévenir les conflits et favoriser un développement inclusif.
Maelaine Annette Malebingui





