MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Une Force plus mobile pour rester au plus près des populations

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Une patrouille motorisée de la MINUSCA sur un axe routier en République centrafricaine. La mobilité accrue de la Force permet de maintenir une présence auprès des populations et de renforcer sa capacité de réaction dans les zones sensibles. Crédit Photo: Minusca

Entre janvier et juin 2026, la MINUSCA a procédé à la fermeture de 21 bases opérationnelles à travers la République centrafricaine dans le cadre d’une reconfiguration de son dispositif militaire. Cette réorganisation, menée en réponse à l’évolution de la situation sécuritaire, au renforcement progressif de l’autorité de l’État et aux contraintes affectant les opérations de maintien de la paix, vise à améliorer la mobilité de la Force afin de mieux protéger les civils. Loin de marquer un retrait de la Mission, cette nouvelle posture permet de concentrer les capacités opérationnelles dans les zones les plus sensibles et de maintenir une présence réactive sur l’ensemble du territoire.

 

Parmi les 21 bases opérationnelles fermées par la Mission, sept sont permanentes et quatorze sont temporaires, toutes situées dans des zones considérées comme stabilisées. Cette réorganisation s’inscrit dans un contexte marqué par des progrès en matière de sécurité dans plusieurs régions, par l’extension de l’autorité de l’État et par des contraintes financières affectant les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Toutefois, la fermeture de ces bases ne signifie en aucun cas le retrait de la MINUSCA du terrain.

 

D’une présence statique à une présence plus mobile

 

La nouvelle configuration vise à réduire l’empreinte statique de la Force dans les zones où la situation s’est stabilisée, tout en redéployant ses moyens vers les secteurs qui demeurent plus fragiles.

 

« Passer le flambeau ne signifie pas un départ de la MINUSCA. Reconfiguration ne signifie pas absence », avait rappelé la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, lors de la cérémonie de transfert de plusieurs bases aux autorités centrafricaines.

 

La Mission conserve ainsi une posture mobile et agile, appuyée par des patrouilles de longue portée et par une capacité de redéploiement vers les zones nécessitant une attention particulière.

Cette évolution transforme la manière dont la Force est présente sur le terrain. Plutôt que de maintenir un niveau de présence statique partout, elle privilégie une concentration des capacités là où les besoins opérationnels sont les plus importants, en fonction de l’évolution des risques.

 

Être en perpétuel mouvement pour rapidement se déployer

 

La mobilité constitue désormais un élément central de cette nouvelle posture militaire.

Chaque semaine, la Force mène plus de 550 patrouilles motorisées, pédestres et aériennes à travers le pays. Ces opérations permettent de maintenir une présence dans les zones sensibles, de sécuriser les axes essentiels, d’identifier les menaces et de rassurer les populations.

 

Cette capacité de mouvement offre également la possibilité de renforcer rapidement la présence militaire dans une zone lorsque la situation l’exige.

 

Le principe qui guide cette approche est clair : être moins statique ne signifie pas être moins présent. Il s’agit, au contraire, de disposer d’une plus grande flexibilité pour déployer les moyens militaires là où ils sont le plus nécessaires.

 

Accompagner les responsabilités nationales

 

La reconfiguration intervient également dans un contexte de renforcement progressif des capacités nationales.

 

Dans les zones stabilisées, certaines bases et certaines responsabilités peuvent être progressivement transférées aux autorités centrafricaines. La remise de plusieurs emprises au Gouvernement constitue ainsi une étape dans la consolidation des acquis sécuritaires et dans le renforcement de l’autorité de l’État.

 

Parallèlement, la MINUSCA poursuit son appui aux Forces armées centrafricaines (FACA), notamment par des opérations conjointes et un soutien logistique à leur redéploiement dans certaines zones stratégiques.

 

La reconfiguration ne marque donc pas la fin de l’engagement de la Mission, mais une nouvelle phase de son action, caractérisée par une évolution de sa présence internationale, qui accompagne le renforcement progressif des institutions nationales.

 

La MINUSCA entre ainsi dans une phase où son dispositif militaire se veut plus mobile, plus flexible et davantage ciblé.

 

La fermeture de bases dans certaines zones permet de réallouer des ressources vers les secteurs où les besoins de protection demeurent importants, tout en continuant d’accompagner les autorités centrafricaines dans la consolidation des acquis.

 

Le commandant de la Force de la MINUSCA, le Lieutenant-Général Humphrey Nyone, souligne que : « Cette reconfiguration vise à maintenir une présence robuste, flexible et réactive, capable d'intervenir rapidement dans les zones à haut risque, et ainsi de continuer à assurer la protection des civils, qui reste au cœur du mandat de la MINUSCA ».

 

La Force conserve par ailleurs une présence opérationnelle sur l’ensemble du territoire grâce à ses capacités terrestres et aériennes ainsi qu’à sa coopération avec les forces nationales.

 

La nouvelle configuration ne signifie donc pas que la MINUSCA se retire de la République centrafricaine. Elle traduit une adaptation de son mode d’action afin de concentrer ses capacités là où les risques sont les plus élevés, de répondre plus rapidement aux évolutions de la situation et de poursuivre efficacement son mandat de protection des civils.

 

Capitaine Souhail Ait Iken/MPIO MINUSCA