Bilan des opérations de révision du fichier électoral dans les aires 2 & 3
La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et l’Autorité nationale des élections (ANE) ont présenté le bilan des opérations de révision du fichier électoral dans les aires 2 et 3 au cours d’une conférence de presse conjointe ce mercredi à Bangui.
Le Commissaire électoral, Président de la Commission finances, Davy Yama, a fait savoir que « de façon générale, l’ANE se réjouit et se félicite des conditions satisfaisantes du déroulement des opérations de révision du fichier des électeurs dans les 1 500 centres d’inscription. En dépit des contraintes logistiques et des défis sécuritaires, plus de 99 % des centres d’inscription prévus ont ouvert et ont effectivement enregistré de nombreux électeurs », soulignant, qu’à la date du 31 mars 2025, le bilan pour l’aire 1 se présente comme suit : « Des 50 centres d’inscription non ouverts dans l’aire 1, nous avons récupéré toutes les tablettes. Il faut préciser qu’un centre n’a pas ouvert. L’extraction des données a déjà été faite sur 96 % »de ces tablettes. Dans l’aire 2, sur les « 1 422 centres d’inscription, le Centre de traitement des données (CTD) a déjà réceptionné 1 138 tablettes soit 80 % et l’extraction des données est déjà effective sur 1 087 tablettes soit 76,4% ». Quant à l’aire 3, sur les « 28 centres d’inscription, le CTD a déjà réceptionné 17 tablettes soit 60,7 % et l’extraction des données est effective sur les 16 reçues soit 57,1 % ». « Ces chiffres devraient connaitre une évolution en fonction des dernières tablettes que le CTD recevra et des données complémentaires attendues », a précisé Davy Yama.
Saluant « l’étroite collaboration entre l’ANE, les FACA [Forces armées centrafricaines], les FSI [Forces de sécurité intérieure], la MINUSCA et le Gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre du Plan intégré de sécurisation des élections (PISE) », le Commissaire électoral a souligné que « les leçons tirées de la première phase de la révision du fichier électoral ont permis un renforcement de la planification et de la coordination de l’accompagnement sécuritaire » rappelant que « le 26 février dernier, le Comité national de sécurisation des élections s’était réuni et avait formulé des recommandations dont la mise en œuvre a été d’une importance déterminante. »
Le Commissaire électoral, Président de la Commission finances, Davy Yama a expliqué que les FACA, les FSI et la MINUSCA avaient déployé des efforts exceptionnels pour la sécurisation des opérations : « Les mesures anticipées prises dans les zones sensibles afin de les stabiliser en amont des opérations de l’ANE ont été payantes. Ils [les FACA, les FSI et la MINUSCA] ont également assuré un accompagnement sécuritaire efficace pendant les opérations, sous la coordination du groupe de travail de sécurisation des élections au niveau national et les Comités préfectoraux de sécurisation des élections, présidés par les Gouverneurs et préfets au niveau local. A cela se sont ajoutés des efforts financiers exceptionnels du Gouvernement pour doter les FACA et les FSI des moyens nécessaires pour accompagner efficacement l’ANE, aux côtés de la MINUSCA ».
Le Directeur de la Division électorale de la MINUSCA, Arsène Gbaguidi, a déclaré qu’il « faut vraiment se féliciter, vous féliciter, féliciter l'ANE et féliciter tous les partenaires qui sont intervenus dans le cadre des opérations dans l’aire 2 où on a noté aucun incident majeur. Nous avions besoin de renforcer la coordination, éviter les situations désespérées », ajoutant que « la MINUSCA n'a pas un autre agenda que de faire et d’accompagner conformément à notre mandat, de manière à ce que les choses se passent comme cela se doit. (…) Et il n'y a pas de raison qu'on ne puisse vraiment pas réussir ces opérations électorales. Bien évidemment, avec le concours de chacun de vous tous ».
Au cours de cette conférence de presse, la porte-parole de la MINUSCA, Florence Marchal, est revenue sur le communiqué diffusé samedi dernier par la Mission dans lequel la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la République centrafricaine et Cheffe de la MINUSCA « condamne avec la plus grande fermeté l’embuscade tendue le vendredi 28 mars à une patrouille de la Force de la MINUSCA, près du village de Tabane, à 24 km au nord-ouest de Zemio, dans la préfecture du Haut-Mbomou. Le major Paul Ndungu Njoroge, Casque bleu kenyan âgé de 32 ans, a été tué au cours de cette attaque d'une extrême violence perpétrée par des éléments armés non identifiés. Valentine Rugwabiza se déclare extrêmement choquée par cette attaque ignoble contre des soldats de la paix qui effectuaient une patrouille dans le cadre de leur mission de protection des populations civiles. Elle présente ses plus sincères condoléances au Gouvernement et au peuple kenyan et exprime toute sa sympathie à la famille de la victime. »
La porte-parole a poursuivi la lecture du communiqué en précisant que « la Cheffe de la MINUSCA rappelle que les attaques contre les Casques bleus des Nations Unies peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international » et qu’elle « attend du Gouvernement centrafricain qu'il diligente une enquête judiciaire afin que les criminels à l'origine de cette attaque ignoble soient traduits en justice. La Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de la MINUSCA réaffirme que les attaques lâches contre les Casques bleus de la Mission n’entameront en rien la détermination de la MINUSCA à œuvrer à la mise en œuvre de son mandat au service de la paix et de la stabilité en République centrafricaine ».
Florence Marchal a souligné que la condamnation exprimée par la Cheffe de la MINUSCA avait été partagée par le Secrétaire général des Nations Unies qui a qualifié cette attaque « d’inacceptable » et par les membres du Conseil de sécurité qui ont également publié une déclaration dans laquelle ils réitèrent « leur ferme soutien à la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la République centrafricaine et à la MINUSCA pour aider le Gouvernement et le peuple de la République centrafricaine dans leurs efforts pour instaurer une paix et une stabilité durables, comme demandé par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2759 » adoptée en novembre dernier.
Par ailleurs, Florence Marchal a annoncé que la journée internationale de sensibilisation aux mines et d'assistance à la lutte antimines sera célébrée ,ce vendredi 4 avril, sur le thème suivant : "Un avenir sûr commence ici : renforcer les efforts locaux contre les mines", ce qui constitue une occasion pour la MINUSCA, via le Service de lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), d’organiser de nombreuses activités de sensibilisation à Bangui et dans la région de Bouar, afin « d’attirer l’attention sur les dangers que représentent les engins explosifs et de mettre l’accent sur l’appropriation nationale ».
Bien que le nombre d'explosions accidentelles et les victimes qui en résultent soient en baisse, la menace posée par des engins explosifs persiste en République centrafricaine, avec « 73 incidents enregistrés en 2024, faisant plus de 40 victimes », dont une majorité de civils. C’est la raison pour laquelle, la MINUSCA, conformément à son mandat de protection de civils, « réaffirme son engagement actif aux cotés des autorités nationales pour lutter contre cette menace insidieuse qui met en péril la vie des civils, entrave l'action humanitaire et freine le développement, la mobilité et la sécurité des communautés ».
Un engagement qui, selon la porte-parole, s’est matérialisé en 2024 par l’organisation de sessions d’information et de sensibilisation aux risques posés par les engins explosifs « au bénéfice de plus de 20 000 personnes, dont une grande majorité de femmes et d’enfants », par la neutralisation de « 44 engins explosifs à travers le pays » et par la poursuite du développement de capacités nationales « en matière de neutralisation des engins explosifs ou via la création d’une autorité nationale de lutte antimines ».
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Florence Marchal | Porte-parole & Cheffe adjointe
Service de la communication stratégique et de l’information publique
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Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine
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