Visite d'Alexandre Zouev en RCA : Perspectives pour la paix, la sécurité et la réconciliation
Le Sous-Secrétaire général à l'État de droit et aux institutions chargées de la sécurité au Département des opérations de maintien de paix de l’ONU, Alexandre Zouev, était en visite de travail en République centrafricaine du 17 au 21 mars 2025. Dans une interview accordée à la MINUSCA, il revient sur l’importance de cette mission, ses différentes rencontres et les perspectives pour une paix durable dans le pays. Une interview réalisée par Florence Marchal porte-parole de la MINUSCA.
Florence Marchal : Vous venez de le mentionner, vous avez rencontré le Ministre d'État chargé du désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR) et du suivi de la mise en œuvre de l'accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine et la MINUSCA met en œuvre depuis plusieurs années déjà son Programme de réduction de la violence communautaire, le CVR. Vous avez visité un projet. Quelle est, selon vous, la valeur ajoutée du CVR ?
Sous-Secrétaire général Zouev : Voilà, un CVR c'est seulement une partie du désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR), parce que le DDR, c'est un processus national et il ne s'agit pas seulement du niveau des communautés parce qu'il y a un niveau politique, il y a un niveau social dans tous les pays. J'ai visité l'atelier en charge de la formation professionnelle de jeunes gens, y compris ceux qui sont des ex-combattants. C'est très important, à mon avis, qu'ils aient une profession civile. Et pour moi, quand nous parlons de DDR et quand nous parlons de CVR, c'est la lettre R qui est la plus importante, c'est la réintégration. Ce n'est pas seulement réintégration, mais c’est aussi la réhabilitation sociale. J’ai beaucoup aimé ce que j'ai vu. Il y a de jeunes filles, de jeunes hommes, et là-bas, ils apprennent des métiers tout à fait différents. Il y en a peut-être une douzaine d'ateliers dans ce centre-là. Ce que j'ai vu, c'était très professionnel.
Florence Marchal : Vous retournerez à New York ce soir. Je suppose que vous allez faire le point sur cette visite de travail. Quelle sera la prochaine étape ? Comment envisagez-vous la collaboration à venir entre votre bureau et la MINUSCA, et le PNUD, afin de soutenir le secteur de la sécurité et de la justice en République centrafricaine ?
Sous-Secrétaire général Zouev : Chaque fois que je visite nos missions sur le terrain, qu’il s’agisse d’opérations de maintien de paix comme la MINUSCA, qu’il s’agisse de missions politiques spéciales dans d’autres pays, de retour à mon bureau, je résume et j’essaie d’élaborer un plan d’actions de suivi sur toutes les conclusions. C’est toujours différent parce que les pays sont différents, les situations sont différentes, les missions sont différentes. Nous consultons toujours nos partenaires, pas seulement le PNUD. Nous avons dans mon bureau beaucoup plus de partenaires, dans tous les domaines dont je suis responsable. Je suis sûr qu’à mon avis, pour la République centrafricaine et pour la MINUSCA en particulier, en tant que notre mission ici, il sera très important que nous nous mobilisions surtout pour certains, je dirais, des projets clés. Et les élections, c’est la priorité nationale absolue. Mais aussi, la Cour pénale spéciale, parce que nous fournissons un peu de financement ; certains donateurs bilatéraux, comme l’Union européenne, les États-Unis et la France, soutiennent aussi cela. Mais nous avons encore un grand déficit, et nous devons aller de l’avant, car il y a beaucoup d’affaires qui devraient faire l’objet d’une enquête. Ce sera l’une de mes découvertes au cours de cette mission, et je m’engage à y travailler.
Florence Marchal : Une dernière question très courte. Si vous ne retenez qu’une seule image ou un seul message de cette mission, quelle devrait être cette image ou ce message ?
Sous-Secrétaire général Zouev: C’est une situation qui a évolué, grâce à l’aide de la communauté internationale, mais elle reste fragile. Je ne dirais pas que nous avons résolu ensemble avec le Gouvernement hôte, tous les problèmes auxquels nous avons été confrontés dans le passé et auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.