DDRR : Bientôt une première vague de 500 ex-combattants pour le lancement du projet pilote en RCA

20 avr 2017

DDRR : Bientôt une première vague de 500 ex-combattants pour le lancement du projet pilote en RCA

Cinq cents combattants vont rentrer, avant tous les autres, dans le programme national de DDRR. Ce, dans le cadre d’un projet pilote destiné à servir de test à l’opération proprement dite. L’annonce a été faite lors de la quatrième réunion du comité consultatif et de suivi du Programme national de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR) en RCA qui se tient les jeudi 20 et vendredi 21 avril 2017 à Bangui.

L’ouverture des travaux présidée par le Chef de l’État, Faustin Archange Touadera, a été pour ce dernier, l’occasion de saluer la présence, « pour la toute première fois », de la totalité des responsables des 14 groupes armés présents en RCA à la table des discussions. Le Président de la République a tenu à réitérer sa disponibilité et son ouverture au dialogue. « Il n’y a et n’aura pas de sujet tabou entre nous aujourd’hui (…) je suis prêt », a-t-il promis. Cependant, a insisté le Président de la République, ce dialogue ne pourra déboucher sur une issue heureuse qu’aux trois conditions suivantes : « un cessez-le-feu immédiat et un gel des mouvements des troupes armées dès la fin des délibérations (…) ; un dialogue franc (…) et porter l’Initiative africaine pour la Paix et la Reconciliation en RCA.»

Les représentants du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC), Lambert Moukouve et du groupe anti-Balaka, Maxime Mokom ont également pris la parole pour manifester leur volonté de voir leurs principales préoccupations satisfaites à l’issue de la réunion.

Quant au président de la Plateforme religieuse et porte-parole de circonstance, le pasteur Nicolas Guérékoyame-Gbangou, il a indiqué qu’ « aujourd’hui, cela est plus qu’un impératif que de nous réunir (…) Nous devons faire des concessions pour déboucher sur la paix, et la sécurité qui sont des préoccupations nobles. »

Durant ces deux jours, les travaux porteront sur deux points importants. D’abord, le projet de programme national de DDRR qui avait été soumis lors de la troisième réunion du comité. Ensuite, le projet de DDRR pilote proprement dit sera exploré, a expliqué le Conseiller DDRR à la Présidence de la République, le Colonel Noel Selesson.

« Le budget de 43 millions de dollars (près de 25 milliards de francs CFA) pour le DDRR est quasiment atteint grâce, et en particulier à la Banque mondiale, aux États-Unis, à la France et à la MINUSCA », s’est réjoui le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, Parfait Onanga-Anyanga.

Pour renforcer le projet pilote DDRR, la MINUSCA va mettre en place un programme de réduction de la violence communautaire (CVR). Ce dernier donne des formations professionnelles qui déboucheront sur des activités génératrices de revenus. L’opération débute à Bangui, ciblant 3.000 bénéficiaires. Elle se poursuivra avec la distribution de kits professionnels pour 2.000 personnes issues de toutes les communautés de Bambari. Après, ce sera le tour de Paoua où 7.000 personnes ont été enregistrées pour le CVR. Suivront, enfin, les autres localités choisies par le Programme national, a indiqué le Représentant spécial.

Rappelons que le DDRR a pour objectif de diminuer le nombre d’armes en circulation ; de désarmer ceux qui les portent et par conséquent de diminuer les menaces que constituent les groupes armés.

« Le DDR est une voie, mais pas la seule, pour la stabilisation, la protection des civils, le retour à la vie normale dans le pays qui sera matérialisé par la restauration du fonctionnement normal de l’État », a conclu le chef de la MINUSCA.