Prévenir toute incitation à la haine et à la violence en RCA

19 juil 2019

Prévenir toute incitation à la haine et à la violence en RCA

« Le pays a tant souffert des conséquences des discours haineux violents et surtout démagogiques. Nous n’accepterons plus les discours de haine et de violence véhiculés dans les réseaux sociaux qui quoique virtuels, blessent réellement et peuvent causer des conséquences sociales graves », a dit le Président de la République et Chef de l’Etat, Faustin Archange Touadera, ce 19 juillet à l’hémicycle de la CEMAC à Bangui, lors du lancement officiel de la mise en œuvre du Plan national de prévention de l’incitation à la haine et à la violence. La cérémonie a réuni autour du chef de l’Etat nombre de personnalités nationales et internationales, dont le Premier ministre Firmin Ngrebada et des membres du Gouvernement, le Président du Haut conseil de la Communication et le Corps diplomatique. Le Chef de la MINUSCA, Mankeur Ndiaye, y a représenté les Nations unies.

 

Le Plan national de prévention de l’incitation à la haine et à la violence, adopté en juin 2018, entre ainsi dans sa phase de mise en œuvre pour anticiper et prévenir la divulgation de fausses informations et de rumeurs, ainsi que les discours de haine et d’incitation à la violence qui sont souvent source de tensions sociales et politiques, mais aussi et précurseurs d’atrocités à travers le monde actuel où « la vitesse de l’information, la diversité des canaux de communication ainsi que la largesse des audiences amplifient la moindre tentative de dissémination de discours incitatifs à la haine » comme le fait valoir le Chef de la MINUSCA, en rappelant que la Résolution 2399 du Conseil de sécurité dispose que les auteurs d’incitation à la  violence et aux discours de haine sont passibles de sanctions. 

 

Le Président du Haut conseil de la communication a peint un tableau sombre de la situation des fausses rumeurs et de l’incitation à la haine en Centrafrique, qui se matérialise par les multiples plaintes contres des publications dans la presse et aussi par le biais de l’internet et les réseaux sociaux. Occasion pour lui d’attirer l’attention des acteurs des médias sur le caractère nocif de la désinformation et des rumeurs, en les invitant à se conformer aux recommandations du Plan national.

 

Des propos corroborés par le Chef de l’Etat qui a rappelé que « les querelles fratricides ayant engendré les crises militaro-politiques qui ont secoué notre pays la République centrafricaine depuis plus de deux décennies ont occasionné des blessures identitaires des destructions physiques, morales entre Centrafricains qui jadis vivaient en par symbiose et en bonne intelligence’’ avant d’émettre le regret « qu’en dépit des efforts consentis par le Gouvernement, appuyés par les institutions de la République, pour asseoir les bases du vivre-ensemble et reconcilier les Centrafricains, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, certains de nos compatriotes qui portent les stigmates des crises récurrentes que notre pays a traversées gardent encore des rancœurs avec les intentions de commettre ou de propager des propos de haine imbibés de germes de violences qui peuvent encore ébranler les fondements du vivre-ensemble que nous avons construit au prix d’un travail ardu de nos compatriotes imbus des valeurs de paix et de réconciliation nationale »

 

Un canevas pour encadrer les discours de haine et de violence

 

Pour tous les acteurs de la vie publique, le présent plan constitue un canevas de bonne conduite, mais aussi un garde-fou pour encadrer toute atteinte aux libertés individuelles et publiques en République centrafricaine où de telles déviances ne seront dorénavant plus tolérées, car comme l’a souligné le Président Touadera, « Les Centrafricains ont constaté avec regret que les médias dont le rôle traditionnel est d’informer et d’éduquer sont devenus les canaux par excellence de propagation et de diffusion de la haine et de la violence surtout à l’ère de l’évolution fulgurante des nouveaux médias tels que l’internet et les réseaux sociaux ».

Il est donc impérieux que sa mise en œuvre aboutisse à mettre fin à ces écarts de langage et de comportements qui ne consolident pas la paix et l’unité nationale. Et pour protéger le pays et ses fils, surtout sa jeunesse, le Président de la République encourage  le Haut conseil de la communication à « sensibiliser le public centrafricain aux discours de la haine et de la violence en ligne et dans la presse écrite, ainsi qu’aux risques qu’ils comportent pour notre jeune démocratie et pour la jeunesse, et promouvoir la maitrise des médias et le l’internet ».

 

En ce qui le concerne, le Gouvernement « est instruit pour tout mettre en œuvre pour réduire le seuil de tolérance vis-à-vis du discours de haine et de violence. Il doit donc repérer les discours haineux et violents et mettre au point des outils efficace permettant d’y réagir de manière constructive », a poursuivi le Chef de l’Etat, en invitant les Centrafricaines et les Centrafricains « à ne pas céder à ces manipulations qui ont pour objectif de plomber le développement sociopolitique et économique de notre pays, et agir dans la prévention de l’incitation à la haine, ce fléau qui constitue une véritable menace à l’équilibre de notre société ».

 

La MINUSCA qui a soutenu le projet à travers sa division des Droits de l’Homme entend continuer son appui aux efforts du Gouvernement pour combattre les discours d’incitation à la haine et à la violence qui peuvent conduire au pire comme on l’a connu dans certains pays du continent.